Victimes de la Révolution

 Bilan global des différentes guerres civiles. 600 000 à 800 000 †. Statistiques incertaines, beaucoup d'archives ayant été détruites en 1871.

Exemples de bilans dressés par des particuliers. Par le bourreau Charles Sanson dans ses " Mémoires " : pour la période du 14-7-1789 au 27-10-1795 : mis à la lanterne, tués dans les châteaux 400. Suites des guerres civiles 32 000. Massacres de Septembre. 3 400. Guillotinés 13 800. Exterminations en Vendée et chouannerie 180 000. Républicains tués par les chouans 87 000. Famine et peur 7 000. Émigrés morts à l'étranger ou guillotinés 14 000. Fusillés, mitraillés, noyés en province 18 500. Massacres aux colonies 50 000. Jacobins mis à mort dans le Midi 14 600. Famille royale (le roi la reine, la sœur du roi. Philippe Égalité, le dauphin) 5. Morts aux armées 290 000. Par Louis-Marie Prud-homme (1752-1830) dans " Histoire générale et impartiale de la Révolution " (1797) : guillotinés 18 613 dont nobles 1 278, femmes 750, femmes de laboureurs et d'artisans 1 467, religieuses 350, prêtres 1 135, hommes non nobles de divers états 13 663. Femmes mortes de frayeur ou par suite de couches prématurées 3 748. Morts de la Vendée 337 000 (dont femmes 15 000 : enfants 22 000). Victimes à Lyon 31 000, à Nantes de Jean-Baptiste Carrier (Yolet. 16-3-1756/Paris, 16-12-1794, guillotiné) 32 000 (dont enfants fusillés 500, noyés 1 500, femmes fusillées 264, noyées 500, prêtres fusillés ou noyés 760, nobles noyés 1 400, artisans noyés 5 300).

 Autres estimations. Nombre de guillotinés à Paris : du 21-1-1793 au 9-9-1795 : 2 794 dont 1 376 du 10-6 au 28-7-1794 (de la loi de prairial au 9 thermidor). Maximum quotidien : 7-7-1794 : 68 : 29-7-1794 (11 thermidor) : 70. [Selon René Sédillot (1987) : 2 639 dont 1 862 entre mars 1793 et juillet 1794.] Age : de 16 à 93 ans (Louis XVI : 39). En province : 42 000 dont 17 000 après un procès : par exemple : Orange : 332 [aussi par fusillade, le rendement de la guillotine étant insuffisant (le 28-5-1793 : 16 guillotinés pour 45 fusillés)] ; Bayonne (1794) : 62 : Bordeaux : 298 ; Arras : 391 ; Rennes : 267. 25 000 par décision administrative (rebelles, émigrés ou déportés rentrés clandestinement). Dans 6 départements : aucune exécution, dans 31 : moins de 10. Répartition en % : condamnés à mort : Ouest 52, Sud-Est 19. Victimes : aristocrates 2, adversaires politiques 8 à 18, roturiers, affairistes, escroc 80 à 90.

Exécutions hors guillotine. A Paris, pendant la dictature de la Commune (tribunal criminel du 17-8-1792) et dans les départements insurgés. Armes blanches et massues : Paris (août-sept. 1792) : 1 395 † dont 420 ne purent être identifiés (cadavres mutilés ou brûlés). Bois de Beaurepaire en Vendée (déc. 1793) : 300 femmes, etc. (le 17-1-1794 Turreau prescrit les exécutions à la baïonnette pour épargner les munitions). Canonnade (les canons sont chargés à la mitraille) : Lyon (plaine des Brotteaux, du 4-12 au 27-12-1793) : 1 876 exécutions. Fusillade : Toulon (du 20-12 au 25-12-1793) : 800 exécutions. Noirmoutier (mai 1794) : 1 200 prisonniers exécutés avec d'Elbée. Angers (1794) : environ 3 000 [dont 800 à Ponts-de-Cé (corps jetés à la Loire)]. Nieuport (Belgique, 17-6-1794) : 1 200 émigrés exécutés par Pichegru (encore républicain). Auray (1795) : 952, etc. Noyade : Nantes (du 3-10 au 31-12-1793) : 4 800, dont 2 000 la semaine de Noël [maximum le 23-12 : 800 (" mariages républicains " : noyades par couples nus. 1 homme lié à 1 femme)]. Voir ci-contre le bilan de Louis-Marie Prudhomme.

Le 17-10-1926 : 10 constituants ont été béatifiés, dont 1 archevêque (d'Arles. Mgr du Lau) et 2 évêques [de Beauvais, François-Joseph de la Rochefoucauld-Bayers (né Angoulème 1735) et Pierre-Louis de la Rochefoucauld-Bayers (son frère, né Angoulême 1744, évêque de Saintes)] assassinés aux Carmes le 2-9-1793.

Principaux leaders de la Convention

Période girondine. Du 21-9-1792 au 31-5-1793 : Jean-Pierre Brissot (17-1-1754/31-10-1793 guill.). Étienne Clavière (1735-93 suic.). Armand Gensonné (10-8-1758/31-10-1793 guill.). Élie Guadet (20-7-1758/17-6-1794 guill. à Bordeaux). Maximin Isnard (16-11-1751/12-3-1825). Pierre Tondu, dit Lebrun-Tondu (1754-93 guill.), les époux Roland [Jean-Marie (18-2-1734/11-11-1793 suic.) et Manon, née Philippon (17-3-1754/8-11-1793 guill.)]. Charles de Valazé (1751-93 suic.). Pierre Vergniaud (21-10-1753/31-5-1793 guill.).

Période montagnarde. Du 31-5-1793 au 27-7-1794 (9-10 thermidor an II) : les leaders sont surtout les membres du Comité de salut public (voir col. c), également : Camille Desmoulins Pierre-Joseph Cambon (1756-1820) membre du Comité des finances et l'évêque Henri Grégoire (1750-1831) membre du Comité de l'instruction publique.

Période thermidorienne. Du 27/28-7-1794 au 23-9-1795 (4 brumaire an IV). Le Centre (Marais) domine avec Régis de Cambacérès (1753-1824). François Boissy d'Anglas (1757-1826), Jean-Lambert Tallien (1767-1820), Paul, vicomte de Barras (1755-1829).

Sort des conventionnels : sur 749 : 56 guillotinés 27 † de mort violente, 15 † fous. Les bourreaux sont jugés après Thermidor (16-12-1794) : 91 acquittés : 3 guillotinés : Carrier, Pinard, Grandmaison.

Guillotine

Origine. XIIe -XIIIe s. utilisée à Naples, en Hollande, en Allemagne. XVe -XVIe s. en Italie (mannaia), Angleterre (Halifax gibet), Écosse (maiden). 1789 -10-10 le Dr Joseph Guillotin (Saintes, 28-5-1738/Paris, 26-3-1814), député du tiers état, propose à la Constituante un mode de décapitation épargnant au condamné les lenteurs et les maladresses du bourreau. 1791 -30-5 discours de Robespierre pour démontrer le caractère injuste et non dissuasif de la peine capitale ; -1-6 l'Assemblée refuse d'abroger la peine de mort ; -3-6 sur rapport de Le Peletier de Saint-Fargeau, l'Assemblée vote l'art. 3 du Code civil : " Tout condamné à mort aura la tête tranchée. " La machine fut remaniée par le Dr Antoine Louis, secrétaire de l'Académie de chirurgie (on la surnomma Louison ou petite Louisette), et fut améliorée par Tobias Schmidt (facteur de pianos allemand : il tentera de déposer un brevet mais le ministre de l'Intérieur le refusera le 24-7-1792).

Nombre. Fixé par un décret du 13-6-1793 : 1 par département.

1ers expériences. 1792-17-4 sur 3 cadavres

 Lieux d'exécution à Paris. 1792-25-4 place de Grève : Nicolas Jacques Pelletier, voleur. 1er exécuté ; -21-8 place du Carrousel/ Louis David Collonot d'Angremont (1re exécution politique) ; -11-11 Champ-de-Mars Jean-Sylvain Bailly. 1793-21-1 place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde) : le transfert de Louis XVI, à cet endroit ouvert, semblait moins risqué qu'au Carrousel, place plus étroite et fermée ; jusqu'au 8-5 place du Carrousel ; -8-5 (ou 17-5 ?) au 9-6-1794 place de la Révolution, puis déplacée en raison de l'installation des députés dans la salle des machines du château des Tuileries ; -9-6 au 13-6-1794 place St-Antoine (actuellement place de la Bastille) ; -14-6-1794 barrière du Trône renversé (aujourd'hui place de la Nation) : 1 306 condamnés politiques exécutés jusqu'au 29-7-1794 (9 thermidor), enterrés dans les 2 fosses du jardin de Picpus, dont 1 109 hommes (dont 579 gens du peuple, 178 gens d'épée. 136 gens de robe, 108 gens d'église, 108 ex-nobles), 197 femmes (123 femmes du peuple, 51 ex-nobles, 23 religieuses).

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