Thomas Paine


Un anglais révolutionnaire

Thomas Paine naquit le 29 janvier 1737 à Thetford, en Angleterre. Son père était fabricant de cordages. Au sortir de l’école, Thomas Paine, qui a treize ans, travaille dans la boutique paternelle. Il s’établit à son compte à Sandwich, dans le Kent, puis rentre en 1762 dans l’administration des douanes, où il touche un salaire de misère. Il est congédié au bout de deux ans et demi pour « négligence », mais est repris peu après. Entre-temps, il a suivi des conférences scientifiques afin d’élargir ses connaissances. On le retrouve vers 1772, professeur d’anglais à Londres. Benjamin Franklin qui s’est rendu en Angleterre comme représentant de la Pennsylvanie, alors colonie anglaise, rencontre le jeune homme. Il apprécie ses idées très arrêtées sur la politique et l’encourage à se rendre en Amérique. Il lui donne une lettre d’introduction auprès des personnes influentes de Philadelphie et Paine part pour le Nouveau Monde en 1774. La traversée est affreuse : la typhoïde se déclare à bord. A l’arrivée, Paine doit être débarqué sur une civière.

Une fois guéri, il présente sa lettre de recommandation et trouve rapidement une place de précepteur. Il écrit dans plusieurs revues et l’un de ses premiers essais, publié dans un quotidien de Philadelphie, est consacré à la traite des Noirs. Ce texte qui adjure vigoureusement les Américains d’abolir l’esclavage, fait sensation. Paine édite ensuite le « Pennsyvania Magazine » dans lequel il publie des poèmes et autres essais. C’est l’époque où les colonies anglaises d’Amérique commencent à se durcir contre l’Angleterre.

En 1776, Paine publie un pamphlet intitulé « bon sens », dans lequel il attaque avec fougue le gouvernement de Londres. Il préconise une conférence où serait élaborée une nouvelle constitution, établissant le gouvernement américain sur des bases républicaines. Cet écrit sera à l’origine du mouvement pour l’indépendance. Si l’on en croit George Washington, « il provoqua un profond changement dans beaucoup d’esprit ». Peu après, la Guerre d’Indépendance éclat : Paine s’engage contre les tenants du colonialisme.

Ses écrits, vigoureux et mordants, aident ses compagnons de lutte à surmonter les crises qu’ils doivent affronter avant de triompher. Une fois l’indépendance proclamée, Paine reçoit le poste de Secrétaire à la commission des Affaires étrangères du Congrès, ainsi qu’une forte somme d’argent. Mais Paine se fâche avec tout le monde. De nouveau sans situation, il se rend à Londres en 1787. En 1791, la Révolution française lui inspire un autre pamphlet: « Les Droits de l’Homme ». Les idées révolutionnaires de ce texte le font interdire en Angleterre.

Paine cherche asile en France. En juin 1791, le roi Louis XVI et sa famille quittent Paris. reconnus et arrêtés à Varennes, ils sont ramenés dans la capitale. Le 10 août le peuple envahit le Château des Tuileries : Paine, d’une plume vengeresse, condamne le roi et appelle de ses voeux la République. Mais bientôt, brouillé avec Robespierre, il est jeté en prison. C’est la Terreur et la guillotine travaille sans relâche. Paine à peu de chance d’y échapper.

Les services rendus à la cause américaine le sauveront-ils ?

Sans doute aurait-il été guillotiné sans la chute et l’exécution de Robespierre. L’ambassadeur américain à Paris, d’abord peu empressé de faire libérer Paine, finit, en considération des services rendus par l’écrivain à l’Amérique, par écrire en sa faveur au Comité de Salut Public. Paine est relâché. Il va pouvoir reprendre la rédaction d’un ouvrage commencé avant son arrestation, « Le siècle de la Raison », où il attaque violemment la religion. Mais à peine a-t-il fini son livre que la fièvre qu’il a contractée en prison, le terrasse.

En 1802, à soixante-cinq ans, Paine retourne en Amérique. Il continue à écrire, mais il passe les deux dernières années de sa vie, cloué dans un lit par la paralysie. Il meurt à New York en juin 1809, détesté par beaucoup, respecté par quelques-uns. Mais on sait aujourd’hui que ses écrits ont changé le cours de l’Histoire, même si toutes ses idées, et notamment celles selon laquelle les gouvernements, considérés comme un « mal nécessaire », doivent se manifester le moins possible et s’efforcer d’être devant les citoyens, sont loin d’avoir triomphé.


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