TAILLEFER Jean Guillaume

 

Né à Domme (Dordogne) le 20 janvier 1763, décédé à Cénac (Dordogne) le 13 avril 1835. Fils de médecin, il exerçait lui-même la médecine à Sarlat lorsqu'il fut élu député de la Dordogne à la Législative et à la Convention. Bien que Montagnard, il jugeait sévèrement l'extrémisme de Marat, au point de demander son internement à l'Abbaye; mais lorsqu'il fut question de la mise en accusation, Taillefer vota contre. Quelques mois plustôt, il avait voté pour la mort de Louis XVI, sans sursis, après avoir rejeté l'appel au peuple, Chargé par la Convention de faire exécuter le décret sur la levée en masse dans le lot, le Cantal et l'Aveyron, il réprima sans pitié une révolte à Gourdon et il désarma un régiment de cavalerie qui se livrait, dit-il, au pillage. Il pourchassait d'autre part, avec délectation, les protestataires de toute sorte et les opposants au Régime: aristocrates, prêtres non-assermentés, réfractaires et spoliés, ce qui provoqua souvent des plaintes, que la majorité des Conventionnels rejetèrent, notamment par le vote du 23 novembre 1793. Hostile au 9 thermidor, il se cramponna à son siège du Club des Jacobins. Attaqué par Tallien et Fréron, qui lui reprochaient ses excès, il n'occupa plus que des fonctions administratives et dut reprendre ses activités de médecin après Brumaire. Aux Cent-Jours, il demanda en vain un poste de sous-préfet, et à la seconde Restauration, il fut banni comme régicide. Il put rentrer en France en 1819.

© Les convotionels régicides