Chevalier Sapinaud de la Verrie 1738-1793

Comme d'autres chefs de l'insurrection, le chevalier de la Verrie est un ancien militaire de carrière en retraite, que les paysans du bocage viennent chercher le 12 mars 1793 pour le porter à leur tête. Il rassemble les bandes villageoises au camp de l'Oie, au nord de Chantonnay. Grâce aux armes et aux munitions prises aux Bleus, cette "Armée du Centre" parvient à empêcher les colonnes républicaines de pénêtrer dans le bocage par le sud. La vallée encaissée du Lay sert de frontière naturelle au bocage.
Mais l'action défensive de Sapinaud n'est pas coordonnée à celle de la grande armée d'Anjou et du Haut-Poitou, qui descend vers le sud en mai 1793 sans faire appel à l'armée du centre. Sapinaud ne réussit pas à prendre Luçon le 28 juin, en même temps que l'Armée catholique et royale échoue devant Nantes.
C'est Royrand et non Sapinaud qui reçoit le commandement de l'armée du centre après l'élection de D'Elbée à la tête de l'armée catholique et royale. Ce dernier admet néanmoins le principe d'une descente vers le sud, soit pour s'emparer de Luçon, soit pour reprendre Fontenay.
Le 25 juillet 1793, les Républicains regroupés à Luçon lancent une attaque nocturne vers le Lay, afin de s'emparer du Pont-Charron, qui ouvre la route vers Chantonnay. Le chevalier de la Verrie est tué au cours du combat.

Carte reproduite à la page 219 de "La guerre au bocage vendéen" Auguste Billaud & Jean D'Herbauges - Les Éditions du Choletais - Cholet 1960 rééd.1992 245p.

Après la mort de Sapinaud, Lescure vient dans le bocage pour réorganiser la défense du Lay. le 5 septembre les Bleus sont défaits aux Roches-Baritaud. Les restes de l'amée du centre se joignent alors à l'Armée Catholique et Royale dans les combats de Torfou et de Cholet, puis dans l'expédition au nord de la Loire. Le chef des combattants du bocage, Royrand, meurt pendant la retraite.
Sapinaud de la Rairie (ou du Sourdy), cousin du chevalier de la Verrie, se réfugie en Bretagne après la défaite de Savenay. Il rejoint ensuite Charette dans le Marais de Monts. A la Restauration, il est fait pair de France.