ROVERE de FONTVIELLE Joseph François Alexis Xavier

 

Né à Bonnieux (Vaucluse) le 16 juin 1748, décédé ) Cayenne le 11 septembre 1798. Selon certains historiens, il était fils d'aubergiste; pour d'autres, il appartenait à une ancienne famille italienne, les Della Rovere, dont une branche s'était fixée dans le Comtat Venaissin. Sa mère, Elisabeth de Mardal de la Forest, était d'une famille noble. Aussi le jeune Joseph se présenta-t-il effrontément à Aix comme marquis de Fontvielle, et put ainsi acquérir une charge de capitaine des gardes suisses du vice-légat d'Avignon, et épouser une riche héritière, Mlle de Claret, dont il dilapida la dot. Dès lors sans fortunes, il embrassa la cause de la Révolution et réussit à se faire élire député du Vaucluse à l'Assemblée législative après avoir essuyé un échec en 1789 comme candidat de la noblesse de Provence aux Etats Généraux. Il fut réélu député à la Convention nationales, pour les Bouches-du-Rhône, après avoir prové, mais comment?, qu'il n'était pas un marquis mais un petit-fils de boucher. Dans le procès de Louis XVI, il vota la mort. Son extrémisme le conduisit à s'associer aux crimes du terrible Jourdan Coupe-Tête, dans le Vaucluse, se vantant d'avoir fait guillotiner quantité de malheureusx et d'avoir restauré sa fortune à leur détriment. Il participa, avec Basire et Legendre, en février 1793, aux opérations de la Convention à Lyon, mais son peu de succès le fit soupçonner de complicité avec les contre-révolutionnaires, ce qui ne l'empêcha pas d'être nommé lieutenant-colonel au 15° régiment de dragons. Pour mieux affirmer son esprit révolutionnaire, il poussa à la guillotine ses collègues Duprat et Minvielle - et il s'en vanta ! - ce qui ne l'empêcha point de fréquenter les milieux contre-révolutionnaires en provence où la Convention l'avait envoyé en mission Soucieux de rétablir sa fortune au plus vite, il créa un syndicat d'achat de bien nationaux, pour rendre les enchères difficiles, et " se spécialisa dans la prévarication". Pour ne pas apparaitre directement dans ces trafics.  Il se joignit aux ennemis de l'Incorruptible (Robespierre) et participa activement à l'action des Thermidoriens, jusqu'au jour où il devint suspect en raison de ses relations avec les royalistes après Vendéminaire. Bien qu'amis au Conseil des Anciens comme représentant du Vaucluse, il fut décrété d'arrestation. Après le coup d'Etat du 18 fructidor An V, il fut condamné à la déportation en Guyanne. Sa seconde épouse, Mme d'Agout, divorcée d'un émigré, voulu partager son sort, débarqua à Cayenne... peu après sa mort.

© Les convotionels régicides