Pierre MARTINEAU, né en 1744, aubergiste et laboureur, est élu notable de Beaulieu le 2 février 1790, puis maire de Beaulieu à 47 ans, le 13 novembre 1791. Il tenait aussi un atelier de "brides et selles". Son frère Charles fit partie de la 7eme garde municipale, alors que lui-même fut de la 3eme.

 

Diagramme montrant l’ascendance de ma famille DURAND-FERRE, de Beaulieu, avec le couple Pierre et Marie MARTINEAU qui fut condamné à la guilotine par le Tribunal Révolutionaire, mais fusillé sur la plage des Sables d’Olonne.

 

1793 : Pendant le soulèvement vendéen, le triangle La Motthe Achard, Aizenay, Coex est contrôlé par Jean-Baptiste JOLY. Secteur apparemment moins abîmé que d’autres, il n’est pas exempté cependant de destructions par incendie. Des groupes de "brigands" se réunissent souvent à l’auberge de Pierre MARTINEAU, qui outre sa façade d’aubergiste exerce aussi celui de cellier.

 

Pierre MARTINEAU, né en 1744, était aubergiste et maire de Beaulieu. Il est condamné à mort le 15 décembre 1793 (25 Frimaire II) pour assistance aux "brigands" et fusillé aux Sables d'Olonne le 17 décembre 1793. Il avait 49 ans. Le texte de la commission militaire contre trois rebelles est le suivant : "convaincu d’avoir été chefs et commandants des rebelles, de leur avoir distribué des vivres, d’avoir écrit et signé des billets comme membres du comité contre-révolutionnaire que les dits rebelles avaient établi; d’avoir donné des ordres de piller les blés et vins des patriotes, et d’avoir arboré la cocarde blanche." Il faut noter que pendant toute la période d’automne 1793, Joly séjourne plusieurs fois avec sa troupe à Beaulieu ou dans ses environs. Les vendéens de Beaulieu lui ont apporté alors un réel soutien, au moins logistique.

Il est vraisemblable que Pierre MARTINEAU a subi des procédures semblables à la plupart des condamnés des Sables. Le jugement de la Commission Militaire ne propose qu’une alternative : l’élargissement immédiat pour les rares innocents, ou la peine de mort par la guillotine dans les 24 heures, pour les rebelles pris les armes à la main ou porteurs d’insignes contre-révolutionnaires. La Commission Militaire siège dans une maison de Pierre Vaugiraud de Rosnay, maison qui existe encore à l’aube du XXIe siècle, à l’angle de la rue Béhic et de la rue du Maréchal Leclerc, aux Sables-d’Olonne.

Les séances sont publiques et se tiennent dans l’ancien salon du comte de Vaugiraud. Les condamnés à mort sont aussitôt conduits dans les cachots du Minage, dont la sortie ouvrait sur la route de la guillotine, c’est à dire le Remblai. Les exécutions avaient presque toujours lieu le lendemain de la condamnation. Le fils du bourreau, un allemand, mettait les fers aux condamnés, le lendemain, le greffier, leur lisait leurs arrêts. Escortés de gendarmes à pied et à cheval, et d’un piquet de gardes nationaux, les condamnés sont acheminés vers la plage. A une vingtaine de pas de l’échafaud, le convoi s’arrête et le bourreau et son fils commencent leur sinistre office (voir note ci-après). Chaque exécution dure moins de deux minutes. Pendant une heure ensuite, les cadavres gisent exposés aux regards, avant qu’un tombereau s’avance suivi d’ignobles personnages payés sur la dépouille des morts. Ces hommes jettent les restes des suppliciés dans le tombereau qu’ils traînent lentement sur le sable vers le grand cimetière de la cote (actuel immeuble du presbytère Notre-Dame et passage du Palais), dont l’entrée et les environs sont gardés par des sentinelles chargées d’éloigner les curieux. Les cadavres sont entassés nus et sans ordre dans une vaste fausse-commune, et sont recouverts de chaux vive.

Cependant pendant une longue période, la guillotine ne fonctionna pas aux Sables-d’Olonne. Sans doute prise par la rouille et le manque d’entretien, soumise aux vents marins salés, elle dut être remplacée par un peloton d'exécution plus traditionnel. La procédure appliquée par le bourreau ne changea pas pour autant.

Pierre Martineau a ainsi été fusillé, son épouse Marie Robreteau aussi !

 

1794 : Marie ROBRETEAU, née en 1754, épouse de Pierre MARTINEAU, est condamnée à mort et fusillée aux Sables d'Olonne le 14 janvier 1794 avec un certain Pierre TROUSSICOT. Le texte de la commission militaire est le suivant : "instigateurs, convaincus, la dite femme MARTINEAU, d’avoir engagé plusieurs républicains gendarmes, d’aller avec Pierre MARTINEAU, son mari, qui était caporal ou sergent des rebelles, d’avoir aussi engagé des soldats du 60eme régiment qui étaient en garnison à Beaulieu, lesquels étaient logés chez la dite ROBRETEAU, et que le dit MARTINEAU fit fusiller, d’avoir pillé dans les différentes maisons des patriotes."

 

Documentation fournie par M. DURAND Jacques

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