Bernard de Marigny

Est le seul général royaliste qui soit tombé sous les balles des siens.
Dès mai 1793, il se porte en tête des hommes de Bressuire et de Cerizay, avant d'être promu commandant de l'artillerie de l'armée royale et catholique d'Anjou. Ce militaire courageux, bon tacticien est aussi un homme cruel qui ne connaît pas la pitié. Condamné injustement à mort pour trahison, il meurt en juillet 1794 sous les balles des hommes de Stofflet.
Débuts militaires

Augustin Etienne Gaspard Bernard de Marigny est né en 1753 à Luçon. Elève de l'école royale militaire, il débute sa carrière militaire dans la marine. Il prend part à la guerre d'indépendance des Etats-Unis. Il atteint alors le grade de lieutenant de vaisseau.
Le 10 août 1792, il défend le roi lors de l'attaque des Tuileries.
De retour en Deux-Sèvres, il se cache à Boismé (près de Bressuire) chez son cousin, le Marquis de Lescure. En avril 1793, les Républicains l'arrêtent et l'enferment dans la prison de Bressuire, en compagnie de Lescure, son épouse, du Marquis de Donissan et du Chevalier des Essarts. Le 2 mai 1793 La Rochejaquelein à la tête de l'armée Catholique et Royale prend Bressuire et ouvre les portes de la prison. Marigny les rejoint alors et prend le commandant de l'artillerie.
Marigny se joint aux insurgés

Marigny, à la tête des hommes de Bressuire et de Cerizay s'illustre dans la bataille. On le voit à Thouars le 5 mai , à Saumur le 9 juin, à Nantes le 29 juin. Le 5 juillet, il s'illustre à Châtillon, avec l'armée d'Anjou. Les combats sont très violents, les Républicains finissent par s'enfuir. Marigny fait alors preuve de toute sa cruauté en sabrant les fuyards, et Lescure qui ne partage pas les goûts sanguinaires de son cousin, a toutes les peines du monde à l'en empêcher. Tous les autres généraux de l'armée d'Anjou réprouvent sa barbarie. Mais Marigny, tout cruel qu'il est, reste un bon militaire, dont il ne peuvent se passer.
Il essuie ensuite deux gros revers, à Luçon, le 14 août et à Cholet le 17 octobre.
Après la défaite de Cholet, il passe la Loire le 18 octobre et s'enfonce dans la virée de Galerne. Il est alors de toutes les batailles jusqu'à la dernière, à Savenay le 23 décembre. Les restes de l'Armée d'Anjou essuient là leur dernière défaite outre Loire. Marigny, avec Lyrot, Fleuriot et Donnissan oppose une dernière résistance avant de s'avouer vaincu.
Marigny franchit alors à Loire, et retourne en Deux-Sèvres. Il reprend la tête des insurgés de Bressuire, Cerizay, Courlay et Châtillon en mars 1794. Ils ne sont plus que quatre généraux royalistes à se partager le pouvoir : Charette dans la marais, Sapinaud au centre de la Vendée, Stofflet à Maulévrier et Marigny. Les 4 hommes ne s'entendent pas. Charette, Stofflet et Marigny aiment trop le pouvoir pour le partager ...

Quand on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage

Le 29 avril, au château de la Boulaye, près de Mallièvre, les quatre généraux signent un accord d'entraide : ils n'agiront plus sans se concerter.
Mais après l'attaque de Chaudron par les Vendéens, les trois généraux mettent Marigny en cause. Marigny décide alors de partir. Le conseil militaire, après son départ le condamne à mort pour trahison, par 18 voix contre 2. Charette et Stofflet ont voté pour, Sapinaud contre.
Le départ de Marigny ne mérite évidemment pas une telle condamnation. Marigny est un homme cruel qui a les mains pleines de sang, mais ce n'est pas un traître! Mais Charette et Stofflet (et dans son ombre l'abbé Bernier) lui disputent le pouvoir. Il ont là une belle occasion d'effacer un prétendant au poste de généralissime ...


Exécution de la sentence

Protégé par son armée, Marigny continue son combat dans le bocage deux-sèvrien contre les Républicains. En juillet 1794, malade, il se réfugie au château de la Girardière, à Combrand. C'est là que les hommes de Stofflet le cueillent et l'abattent, le 10 juillet 1794.
Après sa mort, ses hommes refusent d'aller combattre dans l'armée de Stofflet. Certains rejoignent Sapinaud qui n'a pas voté la mort de leur chef. Beaucoup déposent les armes, ne voulant plus se battre dans une armée où les chefs s'entretuent ...