Maret Hugues Bernard


Né à Dijon le 22 juillet 1763, avocat au parlement de Bourgogne en 1789, Maret est rédacteur du Bulletin de l'Assemblée constituante, ancêtre du Moniteur universel, au début de la Révolution. A la suite de la fusillade du Champs de Mars le 17 juillet 1791, il quitte le club des Jacobins et sert au ministère des Affaires étrangères. Chargé de diverses missions, notamment à Londres et à Naples, il est arrêté par les Autrichiens dans le Piémont en 1792, et libéré avec d'autres prisonniers en échange de la fille de Louis XVI en 1795.
Il devient secrétaire de Bonaparte au retour de l'expédition d'Egypte, et commence dès lors son ascension politique. Nommé secrétaire général des consuls après le coup d'Etat de Brumaire, secrétaire d'Etat le 25 décembre 1799, Maret joue un rôle important généralement méconnu des historiens. Véritable intermédiaire entre les ministres et le chef de l'Etat, homme de l'ombre, directeur de cabinet de Napoléon pour les affaires civiles, il suit ce dernier dans tous ses déplacements, prépare le Conseil des ministres et possède une grande connaissance de la plupart des dossiers.
L'empereur qui apprécie son efficacité, le récompense de ses services : duc de Bassano le 15 août 1809 et ministre des Affaires étrangères le 17 avril 1811 en remplacement de Champagny. Ce choix ne s'avère pourtant guère heureux, en effet Maret ne jouit pas des mêmes talents de diplomate que son illustre prédécesseur au ministère : Talleyrand. Celui-ci n'hésitait pas à dire de lui : "il n'y a qu'un homme plus bête que monsieur Maret, c'est le duc de Bassano ! "
Evincé le 19 novembre 1813, il demeure toutefois l'un des hommes de confiance de Napoléon. De nouveau secrétaire d'Etat durant les Cent jours, Maret doit s'exiler après la défaite de Waterloo (juin 1815) et ne revient en France qu'en 1820.
Louis Philippe le fait pair de France en 1831 et président du Conseil en novembre 1834, mais son cabinet ne dure que trois jours. Il se retire alors de la scène politique.
Hugues Bernard Maret meurt à Paris le 13 mai 1839.

© Nicolas Pavillon