MACHAULT D’ARNOUVILLE Jean Baptiste

 

Homme politique français né à Paris en 1701, décédé à Paris en 1794. Issu d’une famille de noble, il devint contrôleur général des Finances en 1745. Dans son effort pour développer la fiscalité directe en réduisant les privilèges, il se heurta à l’opposition de l’aristocratie et celle du clergé. Le roi ayant cédé devant la pression de l’opinion, Mauchault quitta le contrôle des Finances pour la marine en 1754. Il favorisa le renversement des alliances, tout en essayant de maintenir la France hors d’un nouveau conflit. Mais il perdit la faveur de Mme de Pompadour et fut disgracié en 1757. Arrêté pendant la Terreur il mourut en prison.

 

 

MACHAULT D'ARNOUVILLE (Jean-Baptiste de) (1701-94), conseiller au Parlement, maître des requêtes, président du Conseil, intendant du Hainaut, garde des sceaux, ministre de la Marine. - Machault, localité des Ardennes; - Arnouville, nom de deux bourgs en Seine-et-Oise. [2-209]

La famille, " distinguée dans la robe ", établie à Paris au commencement du XVIe siècle, s'est subdivisée en sept branches, entre autres celles de Boutigny et d'Arnouville. Fils de Louis-Charles de Machault d'Arnouville, 1ieutenant-général de police, Jean-Baptiste naquit à Paris le 13 décembre 1701, et y décéda le 12 juillet 1794.

Il occupa successivement les fonctions suivantes : conseiller au Parlement (1721), des requêtes (1728), président au Grand Conseil (1738), intendant de la Province du Hainaut (1743), contrôleur général des finances (1745-54), garde des Sceaux (1750). Secrètement attaqué par son collègue le comte d'Argenson , compromis devant 1e roi par la bienveillance que lui marquait le Parlement, entravé dans l'exécution de ses plans, il dut passer à la Marine, le 28 juillet 1754, tout en gardant les Sceaux.

M. de Machault déploya dans ses fonctions la même intelligence et la même activité. C'est lui qui fit armer à Toulon la flotte de La Galissonnière , et à Brest celle qui ferma aux Anglais le chemin du Canada. Dans 1a section coloniale de son ministère, après une étude approfondie de la situation existante, il fit d'importantes déclarations et édicta des instructions, destinées à guider la conduite des administrateurs de la Nouvelle-France (5 juin 1755).

Ennemi des prodigalités de Mme de Pompadour, à laquelle il devait les premières faveurs du roi, plus opposé encore à l'idée d'une alliance avec la maison d'Autriche, il tomba en disgrâce le 1er février 1757, mais non sans quelques marques de regret et d'estime de la part de Louis XV. Apparemment, c'était un malheur pour la colonie de la Nouvelle-France, qui ne trouva ni le même intérêt, ni le même appui dans son successeur.

M. de Machault se retira aussitôt dans sa terre d'Arnouville, qu'il ne quitta qu'en 1789 pour se fixer à Thoiry, chez un de ses fils. En 1794, étant à Rouen, il fut conduit comme suspect à la prison des Madelonnettes, où l'âge et l'émotion amenèrent sa mort. Le nom de Machault fut attribué à un fort, situé entre celui de Du Quesne et le fort Nécessité.

Bil. - A. Marion, Mach. d'Arnouv., Paris, 1892; Ad. Shortt, Docum. français., t. II, Ottawa, 1926.

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