Benoît Lesterpt-Beauvais ( 1750 - 1793 ).

Né au Dorat (Haute-Vienne) le 22 août 1750.

Après des études de droit à Poitiers il devient, avec une dispense díâge, rapporteur certificateur des criées et saisies réelles de la sénéchaussée de Basse Marche sa nomination prend effet le 9 février 1774. Le 17 février 1775, ayant obtenu ses lettres de bachellerie et de licence en droit, il se fait installer avocat prés le siège sénéchal du Dorat, prenant la place précédemment occupée par son père.

Le 11 mars 1789, il est choisi par le barreau du Dorat pour présenter le cahier de doléances à l'assemblée général du Tiers. Le 20 mars il est élu député le premier sur deux des le premier tour. C'est son frère qui est élu second député. Il aura une part active aux travaux du Comité des droits féodaux. Il signera le serment du Jeu de paume et votera le rattachement d'Avignon. Le 30 juillet 1791 il sera secrétaire de l'assemblée. D'abord membre des Jacobins, il passera au Feuillants en 1791. Un arrêté du Conseil général du département de la Haute-Vienne l'avait nommé le 1er octobre 1790 receveur du district du Dorat, il prendra ses fonctions à la fin de la session.

Le 3 septembre 1792, il est élu député de la Haute-Vienne à la Convention, le second sur sept avec 357 voix soit presque l'unanimité. Dans le procès du roi, il votera contre l'appel au peuple, pour la mort avec sursis jusqu'à l'évacuation du territoire par l'ennemi, et pour le sursis. Il s'exprimera ainsi :

On ne peut pas dire que ce vote soit un modèle de clarté, et il a laissé entendre qu'il espérait ainsi sauver le roi. Peut être n'était il pas des plus courageux, en effet il aurait fort bien pu comme beaucoup d'autre voter pour l'emprisonnement sans compliquer son vote par une condamnation à mort sous condition. Lors de la mise en accusation de Marat, il dira "Je vois des faits criminels que Marat a avoués ; j'aime la justice et je ne sais pas opiner d'une manière évasive : aussi je dis oui " Sa position est effet plus claire que pour le procès du roi ! Ces différantes prises de position montrent un modéré dont les sentiments sont ceux des Girondins.

Le 30 mai il est envoyé en mission à St Etienne pour activer et surveiller la fabrication des fusils. Il quitte Paris le 5 juin, mais auparavant il a signé avec quatre de ses collègues de la Haute-Vienne une protestation contre les journées des 31 mai et 2 juin. A St Etienne il laissera les insurgés lyonnais enlever 15 000 fusils et écrira au Comités de Salut Public le 3 juillet, que ses armes expédiées à l'armée des Alpes on été interceptées à Lyon. Des le 20 juin il avait été rappelé mais ne l'apprendra que plus tard et ne sera guère pressé de rentrer à Paris, au contraire même il fera plusieurs voyages à Lyon et sera invité à la fédération organisée par les insurgés le 14 juillet. Il ne reparu à la Convention que le 21 août et sera aussitôt dénoncé, il tentera de se défendre, mais sa complicité avec les rebelles sera considéré comme certaine du fait de la liberté que ceux-ci lui laissaient. Il sera décrété d'arrestation le 21 août et laissé chez lui sous surveillance. Renvoyé le 3 octobre devant le Tribunal Révolutionnaire avec les chefs Girondins et comparaîtra devant cette juridiction le 24 octobre. On ne peut dire qu'il prendra ses responsabilités, prétendant avoir signé la lettre critiquant les journées des 31 mai et 2 juin de confiance et qu'il n'en était "ni l'auteur ni l'écrivain". Il sera, comme ses coaccusés condamné à mort le 9 brumaire de l'an II (30 octobre 1793) et exécuté le lendemain.

Notice fournie par J.M. Ruthon pour Notes et Archives 1789-1794.
A. Kuscinski : Dictionnaire des Conventionnels.
A. Fray-Fournier : Cahiers de doléances, notices sur les députés de la Hte-Vienne à la Constituante.
E. H. Lemay : Dictionnaire des Constituants.

(c) Philippe Royet 1996-2000.

photo de la recopie de l'évéché © D.Lemoine

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