LEQUINIO Joseph Marie

 

Né à Sarzeau (Morbihan) le 15 mars 1755, décédé au même lieu le 19 novembre 1814. Fils d'un chirurgien, avocat et agriculteur, il fut maire de Ruis et juge au tribunal de Vannes. Elu député du Morbihan à l'Assemblée législative en 1791, il tourna brusquement sa veste, attaquant avec hargne les princes et les émigrés don't il avait défendu les biens. Il s'en prit aussi aux frères du roi et demanda la suppression du titre de "majesté" donné au souverain. Il soutint un projet de décret autorisant le mariage des prêtres et souhaita la conversion des statues de bronze en monnaie de billon. Il avait lancé, en Bretagne, le Journal des laboureurs; il le fit paraitre à Paris du 31 mai 1791 au 18 février 1792. Fouillant les archives. Anvoyé dans l'Oise et dans l'Aisne avec Lejeune, il prit, notamment, un arrêté ordonnant l'arrestation en masse des nobles. A Brest, il fit condamner aux galère le capitaine de vaisseau Jacquelin, marin expérimenté, et arrêter un nommé Rivière, fournisseur de bougies pour signaux, qu'il avait accusé de tromperie. En Charente-Inférieure, il déploya un zèle inouï pour déchristianiser villes et campagne: il forçait les prêtres à abjurer et interdisait aux ci-devant religieuses de se réunir. Un de ses arrêtés le 21 décembre 1793 interdit de prêcher ou d'écrire pour favoriser un culte quelconque. Ses violences finirent par lasser Paris qui le réprimanda, puis le rappela. Mais il revint bintôt et il se félicita de trouver à Rochefort plus de guillotineurs qu'il n'en voulait... Ses cruautés et ses rapines finirent par être dénoncées par les habitants de Rochefort et de Morlaix; le 21 thermidor an III (8 août 1795), il fut décrété d'arrestation, mais il réussit à s'échapper et à rester caché jusqu'à l'amnistie votée dans la dernière séance de la Convention. Le Comité de sûreté générale n'en fit pas moins saisir chez lui deux barils remplis d'argent. Puis tout s'apaisa et il devint inspecteur forestier, et membre du Conseil des Cinq-Cents. Bien que son élection fut déclarée nulle, il était toujours en place en thermidor an VIII (août 1800). Après un séjour à New Port (U.S.A), comme vice-consul de France, il s'occupa d'agriculture.

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