LE PATRIOTE Français

 

Quotidien révolutionnaire Girondin*, fondé par Brissot* le 6 mai 1789. Il fut interdit dès sa parution et jusqu’au vote de l’article XI de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen*, instituant notamment la liberté de la presse en août 1789. C’était un journal de quatre pages in-octavo, souvent augmentées d’un supplément imprimées sur deux colonnes sans aucun blanc. Il tirait à 10 000 exemplaires, mais Brissot estimait ses lecteurs 100 000, tant en France qu’a l’étranger. D’abord dirigé par Brissot lui-même, il fut confié à Girey-Dupré*, qui n’avait guère plus de vingt ans, en 1791. Le Patriote Français exposait les grands thèmes des girondins ; contre le despotisme et la monarchie, anticlérical, antireligieux, il excluait de son programme le recours à la violence. Il défendait l’égalité politique, le droit à l’instruction, le suffrage universel, la liberté de la presse et soutint les " hommes de couleur " dans l’affaire de Saint-Domingue. A partir de novembre 1791, le journal fut menacé par la lutte mortelle que se livraient les girondins et les montagnards* ; notamment sur les thèmes de la guerre, que souhaitait Brissot, et de la décentralisation, à laquelle s’opposait Robespierre*. Il dut cesser de paraître le 10 août 1793, ainsi que tous les autres journaux de la Gironde. Brissot fut guillotiné le 31 octobre et Girey-Dupré le 21 Novembre.