LARTIGNE Antoine Louis

 

Le 27 floréal (16 mai), le curé de Fontenay-aux-Roses, M Lartigue, passera en jugement. Depuis vingt-trois ans il était à la tête de la paroisse et y avait donné maintes preuves de son dévouement. Patriote, il avait d'abord accepté le nouvel état de choses, au point de devenir secrétaire de la Société populaire; il avit eu le tort cependant de rester en relations suivies avec un châtelain voisin, M. de Gravier, aristocrate notoire. Cette intimité le perdra.

Il a des ennemis, en effet, un de ses anciens vicaires notamment, le citoyen Fauvet, devenu employé dans l'administration, et qui semble bien avoir joué un rôle fort trouble dans cette affaire. Une dénonciation suivie d'une enquête du Comité révolutionnaire local aura vite fait de relever de lourdes charges contre le malheureux homme : on l'aurait entendu chanter, à la table des Gravier, une chanson contre-révolutionnaire; il aurait continué, en dépit des défenses faites, de prier au prône pour "le tyran, sa coupable femme et l'évêque de Rome"; il aurait aussi persisté à encenser, malgré eux, les chantres, " ce qui était contraire à l'égalité".

Ces charges sont toutes rappelées par Fouquier-Tinville dans l'acte d'accusation contre " ce prêtre fanatique, qui n'avait cessé d'insulter aux lois de son pays..." M. Lartigue est condamné à mort en même temps que son ami Gravier

© La vie religieuse sous la Terreur pages 239

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