LANJUINAIS Jean Denis

Né à Rennes, le 12 mars 1753, mort à Paris, le 13 janvier 1827. Avocat et professeur de droit ecclésiastique à l'université de Rennes. Lanjuinais prend violemment à partie la noblesse et ses privilèges en 1788 dans deux brochures : Réflexions patriotique et Préservatif contre l'Avis à mes compatriotes. Rédacteur des cahiers de doléances du tiers état de la sénéchaussée de Rennes, il est élu aux état généraux. Il y occupe une place éminante et figure parmi les fondateurs du club breton. Son action est capitale au sein du comité ecclésiastique, où il prend une part prépondérante à l'élaboration de la Constitution civile du clergé et à la suppression des ordres monastiques. C'est lui qui propose d'enlever la tenue de l'état civil au clergé pour la confier aux autorités municipales. Officier municipal de Rennes durant la Législative, il est élu à la Convention par l'Ille-et-Vilaine, et toujours aussi combatif, s'attaque maintenant à la gauche de l'Assemblée. Il fait de son mieux pour empêcher le procès de Louis XVI, déclarant : " Nous ne pouvons être à la fois dans la même affaire et législateurs, et accusateurs et juges. " Il vote toutes les mesures excluant la peine de mort, vote pour la mise en accusation de Marat, dénonce les menées factieuses de la Commune de Paris et les pressions des émeutiers sur la Convention. Lajuinais doit fuir Paris après la chute des Girondins après les avoir défendus jusqu'au bout. Caché à Rennes durant dix-huit mois, il reparait à la Convention après la chute de Robespierre, et figure parmi les rédacteurs de la Constitution de l'an III. Il préside la Convention lors de l'émeute de prairial. Elé au Conseil de Ancien par soixante-treize départements, très populaire dans toutes les provinces mais détesté à Paris, considéré souvent comme royaliste, il sort du Conseil en mai 1797. Professeur de législation à l'école centrale de Rennes, il proteste contre le coup d'Etat du 18 fructidor. Bonaparte le fait entrer au Sénat où il se distingue comme opposant, refusant les proscriptions après l'attentat de la rue Saint-Nicaise, votant contre les Consulat à vie et l'Empire. En 1808, il entre à l'Institut et devient comte de l'Empire. Ayant voté la déchéance de l'Empire, il entre à la Chambre des pairs, où il s'avère toujours être un opposant, refusant de voter la mort lors du procès de Ney, attaquant vivement les ultras.


® Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799 édition Bouquins

05/08/2002

LANJUINAIS À LA TRIBUNE DE LA CONVENTION

Charles-Louis-Lucien Muller
Huile sur toile (149 x 202 cm) - 1868
Don du Marquis d’Argenson (1979)