KLEBER Jean-Baptiste est né à Strasbourg le 9 mai 1753. Engagé volontaire en 1792, il commande une division de l'armée de Mayence, qui résiste pendant trois mois au siège mené par les Prussiens. Après la capitulation, l'armée des Mayençais obtient de se retirer avec ses armes à condition de ne plus se battre contre la coalition pendant une année.

 

Les "Mayençais" sont alors envoyés dans l'Ouest en août 1793. Ils inspirent aux Vendéens une terreur panique. Au combat de Torfou, ce sont les femmes des combattants vendéens qui obligent les paysans en fuite à retourner au combat et à battre l'avant- garde de l'armée de Mayence. Mais à partir d'octobre 1793, les combattants vendéens ne peuvent plus résister aux troupes d'élites de la République. De sa propre volonté, Kléber n'exerce pas de commandement en chef pendant les campagnes de l'ouest. Il se contente d'assister, au nord de la Loire, Rossignol* et Marceau*.

Au début de 1794, il envoie au général Turreau deux rapports sur les moyens de terminer la guerre de Vendée. Il préconise une pacification musclée consistant à attaquer vigoureusement les regroupements des insurgés sur la rive gauche de la Sèvre (Stofflet et La Rochejacquelein n'ont pas encore rallié leurs troupes sur la rive droite) et à désarmer les régons insurgées tout en protégeant les dépôts d'armes et de munitions. "L'expérience ne nous a que trop appris qu'en confiant à de petits postes de l'artillerie et des munitions, l'ennemi s'est approvisionné à nos dépens". Les plans de Kléber sont rejetés par Turreau qui choisit la tactique de la répression punitive, sous la forme des colonnes infernales. Kléber n'a pas manqué d'avertir son collègue des risques que comportait ce choix :

"Dans l'état actuel des choses, il faut aller attaquer l'ennemi directement là où il est, et placer des forces actives dans des points intermédiaires, de manière à l'empêcher de parcourir toute la Vendée, en fuyant devant les troupes qui l'attaqueront. Il ne faut pas croire que l'on puisse réussir à terminer cette guerre en dirigeant les mouvements aux deux extrêmités de la Vendée. Il est impossible d'embrasser avec nos forces la vaste enceinte de ce territoire : il n'en résulterait qu'une perte de temps considérable et des marches inutiles. Il en résulterait peut-être encore que l'on forcerait tous les paysans de l'intérieur, qui ne demandent plus que la paix, à se réunir en masse, et l'on verrait une nouvelle armée se former dans la Vendée. Attaquons promptement les rassemblements connus, détruisons-les, protégeons le pays, et tout rentrera dans l'ordre.

(Plan du général Kléber pour terminer la guerre de Vendée, proposé au général Turreau, à Nantes le 8 janvier 1794, d'après SAVARY Guerres de Vendée et des Chouans contre la République, Paris 1824-1825, t.III, 22-27, cit. in Jean-Baptiste KLÉBER Mémoires politiques et militaires 1793-1794 présentés et annotés par Roger Nougaret, Paris, Tallandier, coll. In Texte, 1989, 235)

Après avoir participé à la défaite des Vendéens, Kléber s'illustre à la bataille de Fleurus (juin 1794) et participe à la campagne d'Égypte. Après la fuite de Buonaparté vers la France, Kléber reçoit le commandement du corps expéditionnaire français. C'est la première fois que Kléber détient un poste de commandement en chef. Face à l'insurrection du Caire, il se livre à une répression féroce qui lui vaut d'être assassiné par un Mamelouk en 1800, le jour même de la victoire du général