JEANBON SAINT-ANDRÉ (dit André Jeanbon)

 

Né à Montauban le 25 février 1749, décédé à Mayenne le 10 décembre 1813. Issu d'une famille protestante, il fut baptisé dans une église catholique et placé dans un collège de Jésuites. Capitaine au long cours, il abandonna la carrière maritime après un naufrage et alla étudier la théologie à Lausanne. Consacré pasteur, il accomplit son ministère à Castres, puis à Montauban. Devenu l'un des membres actifd de la Société des Amis de la Constitution, puis du Club des Jacobins, il fut député du Lot à la Convention; il siégea d'abord parmi les Girondins, puis sur les bancs de la Montagne. Envoyé en mission dans le Lot et en Dordogne, il fit placer sous séquestre les biens des émigrés et transféra à Bordeaux les prêtres réfractaires frappés de déportation. Même son parent, Clodel ou Claudel, considéré comme un meneur, fut alors condamné à mort et exécuté. Mais - par habilité, sans doute - il rassura les prêtres constitutionnels sur la suppression de leur traitement: il conseillait aux Jacobins le 21 juin de les ménager. Elu président de la Convention le 11 juillet 1793, il eut à annoncer officiellement le meurtre de Marat par Charlotte Corday. Jeanbon Saint-André fit entrer Robespierre au Comité de salut public le 27 juillet 1793. Dans sa mission aux armées du Nord, des Ardennes et de la Moselle, en compagnie de Prieur de la Marne, il remit un peu d'ordre et assura leur approvisionnement en armes et en grains. A son retour en septembre 1793, il fit décréter d'arrestation son collègue Antiboul - qui, lui, n'avait pas voté la mort du roi- pour sa conduite à Marseille, et destitua le général Jean Nicolas Houchard (1740-1793), qui fut condamné à mort et guillotiné. Envoyé dans l'Ouest pour y prendre " toutes les mesures nécessaires", il fut "remarquablement efficace". Chargé de la Marine par le Comité de salut public, il fit destituer ou arrêter la plupart des officiers, et ceux de l'Apolon, venus de Toulon à Rochefort furent condamnés à mort et exécuté. Quant aux matelots, il leur supprima les aumôniers et les remplaça par des instituteurs révolutionnaire. L'ancien révolutionnaire servit le Consulat et l'Empire avec dévouement. Napoléon l'en récompensa en le faisant chevalier de la Légion d'honneur et baron d'Empire

© Les convotionels régicides