HERVILLY


1re division des Émigrés débarque baie de Quiberon ; de nombreux chouans les rejoignent [environ 3 700 émigrés (chefs : d'Hervilly) transportés par les Anglais (avec 1 000 chevaux, 17 710 uniformes d'infanterie, 5 000 de cavalerie, 30 000 fusils, 12 pièces de campagne, 600 barils de poudre et 600 caisses de munitions, 60 000 paires de souliers, des vivres en quantité)]
Causes de l'échec. Dualité de commandement : Hervilly (monarchiste constitutionnel) conteste les pouvoirs de Puisaye (absolutiste). Puisaye veut profiter de l'avantage initial pour soulever d'autres régions. Hervilly veut renforcer la position de Quiberon

Dans cette affaire de Quiberon, deux chefs vont s'affronter: le Comte de Puissaye, mandaté par ordre de Londres, il s'affirme "Général en chef de l'expédition", et le Comte d'Hervilly, "Commandant en chef des troupes de débarquement". Tout les oppose. Puissaye a partie liée avec les Chouans et leurs chefs, d'Hervilly reçoit ses ordres du Comité Royal de Paris au nom de S.M. Louis XVIII et du Comte d'Artois son frère, le futur Charles X.
IL y aura bientôt des atermoiements, des ordres, des contre-ordres, un mépris total des Chouans de la part du Comte d'Hervilly. D'ailleurs le 30 juin, ce dernier refusant de lancer ses troupes régulières en avant, décide d'évacuer Carnac et toute la ligne déjà conquise, pour concentrer ses troupes dans la Presqu'île de Quiberon. Le Fort de Penthièvre, devenu "Fort sans culotte" est pris. La garnison se rend mais 400 hommes se déclarent volontaire pour être enrôlés dans le régiment d'Hervilly. Le reste est embarqué, conduit à bord de l'escadre anglaise et expédié en Angleterre, fers aux pieds, à fond de cale.
Pendant des heures, les Chouans vont résister pied-à-pied à un ennemi supérieur en nombre et en armement, commandé par le Général Lazare Hoche, Général en chef de l'armée républicaine de l'ouest, afin de permettre aux troupes des Emigrés et aux 10000 à 15000 paysans de la région de trouver dans la Presqu'île un refuge illusoire. Le lendemain, Hoche écrira à la convention: "Les anglo-Emigrés-Chouans sont bloqués comme des rats dans une ratière".
Dans la nuit du 10 au 11 juillet, 3500 Chouans, encadrés par leurs chefs, quittent sur ordre de d'Hervilly la Presqu'île par mer. Quiberon ne les reverra jamais. Le Chevalier de Tinteniac, intrépide chef Chouan, ne sait pas qu'il n'a plus que quelques jours à vivre. Sa mission: remonter à travers tout le pays, entraîner avec lui tous les insurgés, redescendre avec cette armée pour surprendre à revers le camp de Hoche à l'instant même où les Emigrés l'attaqueront en force dans la nuit du 15 au 16 juillet.