GIGOT-BOISBERNIER François

 

Un ancien vicaire général de Sens, M. François Gigot de Boisbernier- on ne l'appelait plus que citoyen Gigot. Oubliant ses vux sacerdotaux, il s'était marié au début de 1794, sa fiche de police l'indique du moins. Il avait été, il est vrai, le collaborateur du cardinal de Loménie de Brienne, qui ne passait pas pour un modèle de vertu. Avait-il prêté serment ? Rien ne le dit, mais, quand étaient venus les tristes jours de l'autonne de 1793, il avait juré prudent de se séparer de ses lettres de prêtrise, en les brûlant, non sans avoir pris la précaution de faire cette opération en présence d'un témoin, le citoyen N. Trécourt qui lui en avait ultérieurement délivré certificat. Il vivait alors très isolé, ne voyant presque personne, sans chercher même à faire montre d'un patriotisme qui lui était étranger.

 Le 9 nivôse (29 décembre 1793), il a été dénoncé à la Section Brutus par le Comité de surveillance de Sens : " Comme il est très aristocrate, disait-on dans la note, nous vous invitons de le veiller de près et le mettre en sûreté. Il demeure face le corps de garde de la rue Poissonnière".

Les miliciens n'ont donc que la rue à traverser pour arrêter le suspect; il ne le sera pourtant que le 15 germinal (4 avril). Incarcéré à la Force, tranféré plus tard à Saint-Lazare, il sera traduit au Tribunal révolutionnaire et Guillotiné.

© La vie religieuse sous la Terreur pages 202-203-204

 

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