GENSONNÉ Armand

 

Homme politique français, né à Bordeaux le 10 août 1758, guillotiné à Paris le 31 octobre 1793), député à l'assemblé législative, puis à la Convention, Girondin, il mourut sur l'échafaud


© Petit Larousse Illustré 1989

Paris, 9 octobre Le moindre incidant suffirait à provoquer une guerre civile. Telle est l'inquiétante conclusion d'Armand Gensonné à son retour de Vendée où il avait été envoyé afin d'enquêter sur les troubles, en compagnie du jurisconsulte Jean Antoine Gauvin, dit Gallois. De leur long périple au cours duquel ils se sont attachés à interroger des interlocuteurs aussi nombreux que divers, il ne ressort qu'une immense perplexité sur la conduite à tenir. Devant ses collègues députés, Gensonné à longuement évoqué l'attachement des Vendéens à la religion traditionnelle. Selon ses dires, le décret imposant la prestation du serment a été à l'Origine des troubles. Jusqu'à cette date en effet, la Révolution n'avait pas reçu mauvaise accueil dans cette région. Il a cependant souligné que, si la sincérité de la plupart des paysans et même de certains prêtre réfractaires était, à ses yeux, incontestable, il n'en demeurait pas moins que l'évêque insermenté et une bonne partie de son clergé avaent mené une intense propagande qui n'était pas étrangère à la genése des incidants. Faut-il donc choisir la tolérance ou la fermeté.

© Chronique de la Révolution édition Larousse



Né à Bordeaux le 19 août 1758.

Fils d’un chirurgien aux armées, ses études terminées, il devint avocat. Dés juillet 1790, il était procureur de la commune de Bordeaux. Auparavant il avait été un des fondateurs du club des Jacobins de la ville. Le 19 janvier 1791, il fut élu juge au Tribunal de Cassation. Pendant l’été il fut chargé d’une mission dans l’ouest afin de rechercher l’origine des troubles qui commençaient. Tout en se montrant sévère vis à vis des nobles et du clergé réfractaire, il proposa des mesures d’apaisement qui si elle avaient été suivies auraient peut être eu une influence sur la suite des événements.

Il fut élu député de la Gironde à l’Assemblée Législative le douzième sur douze. Dés le début de la session il siégea avec les Girondins et défendit des positions très sévères contre les prêtres réfractaires, il soutint Brissot dans sa politique belliciste et lutta contre le ministère feuillant. Pourtant lorsqu’il du choisir entre le peuple des sections parisiennes qui appelait à la déchéance du roi, il se rapprocha de dernier pour rechercher une solution favorable à la conservation des institutions.

Réélu à la Convention le troisième, il siégea tout naturellement à droite et se montra un farouche adversaire de la Commune de Paris. Au procès du Roi, il vota pour l’appel au peuple et contre le sursis. Depuis le 11 octobre 1792 il était membre du comité de constitution dont le projet particulièrement compliqué fut déposé par Condorcet. Son rôle dans l’établissement de ce projet qui fut rejeté avait été important. Du 7 au 21 mars il fut président de la Convention. Il se récusa sur la mise en accusation de Marat. Un temps membre du premier Comité de Salut Public, il s’opposa à la création du Tribunal Révolutionnaire mais appuya la constitution de la Commission des Douze. Décrété d’accusation le 2 juin, il refusa de s’évader et ne prit pas parti pour les départements que ses collègues Girondins avaient fait se soulever. Décrété d’accusation le 3 octobre 1793, il fut condamné à mort le 9 brumaire an II et exécuté le 10 (31 octobre 1793).

 

Notice fournie par J.M. Ruthon pour Notes et Archives 1789-1794.
A. Kuscinski : Dictionnaire des Conventionnels.
A. Soboul : Dictionnaire historique de la Révolution française.

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