GAUDIN MARTIN MICHEL CHARLES, duc de Gaète

(1756-1841)
Grand commis de l’Ancien Régime, Gaudin dirige de 1777 à 1789 une division au département des impositions du Contrôle général et y conçoit l’idée du cadastre. Lorsque l’Assemblée constituante organise une Trésorerie nationale, il est aussitôt appelé à en faire partie comme commissaire. À plusieurs reprises, on lui offre le portefeuille des Finances; il ne l’accepte qu’après le coup d’État de Brumaire et introduit d’emblée d’importantes réformes dans l’administration financière de la France: suppression des marchés et délégations, retour à la monnaie d’or et d’argent, organisation d’une hiérarchie, du contrôleur au directeur des contributions, du percepteur au receveur général. En l’an X (1802), il présente le premier budget en équilibre qu’ait connu la France depuis longtemps. Dans son œuvre il faut aussi mentionner l’organisation des taxes indirectes dans une régie des droits réunis, la création de la Cour des comptes en 1807, le monopole du tabac par l’État et la mise en œuvre du cadastre. Gaudin reste ministre pendant toute la durée du Consulat et de l’Empire, mais il faut rappeler que ses attributions n’englobaient pas l’ensemble des finances impériales. Un ministre du Trésor, Barbé-Marbois, puis après le krach des Négociants réunis, Mollien, a la responsabilité des dépenses. Député sous la Restauration, Gaudin, que Napoléon a fait duc de Gaète en 1809, défend son administration à la Chambre et dans ses Mémoires, souvenirs, opinions et écrits  publiés de 1826 à 1834. En 1820, il est nommé gouverneur de la Banque de France, poste qu’il occupe jusqu’en 1834. À Sainte-Hélène, parlant de son administration financière, Napoléon confie à Las Cases que Gaudin «avait été, sous un chef tel que lui, l’homme le plus important de l’Empire [...]. Comme contrôleur général, toutes les ordonnances de l’Empire lui passaient sous les yeux.»

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