Fédéraliste Insurrection

Mouvement contre-révolutionnaire qui fit suite à l'élimination des Girondins* de la Convention le 2 juin 1793. Après l'installation de la Commune insurrectionnelle à Paris le 10 août 1792, la crainte d'une dictature parisienne avait suscité dans plusieurs régions la création de comités révolutionnaires des départements fin 1792 qui se transformèrent en comité révolutionnaires fédéraliste le 5 mai 1793. Ce mouvement sectionnaire prit la forme d'une véritable insurrection, à la nouvelle de la proscription des chefs girondins, dont plusieurs (Barbaroux*, Buzot*, Piéton* de Villeneuve, Rebecqui* etc..), ayant réussi à s'échapper, prirent la tête du mouvement. Dirigée par la grande bourgeoisie d'affaires, avec l'appui des partisans de l'ancien Régime, l'insurrection fédéraliste s'étendit à plusieurs grands communes de province (Caen, Bordeaux, Lyon, Toulon, Marseille, etc..), où des tribunaux jugèrent de nombreux patriotes (ainsi Chalier* à Lyon). Jugulée dès juillet en Normandie, en septembre à Bordeaux, l'insurrection se prolongea davantage dans le sud-est de la France, où les royalistes finirent par dominer la mouvement (Lyon se rendit le 9 octobre et Toulon le 19 décembre 1793). Violemment réprimée par les représentants en mission de la Convention montagnarde*, L'insurrection fédéraliste, comme la guerre de Vendée, constitua une des plus graves menaces intérieures contre la Révolution et eut pour conséquence le développement du régime de la Terreur* et le renforcement du pouvoir central.