Le culte de l'Être suprême

Culte déiste institué par décret du 18 floréal an II (7 mai 1794), adopté par la Convention montagnarde sur un rapport de Robespierre. Celui-ci, profondément marqué par la lecture des philosophes du XVIII° siècle, surtout Rousseau, avait vivement attaqué les tendances athées et la politique de déchristianisation des ultra-révolutionnaires (hébertistes), qui avaient institué le culte de la raison fin 1793. Il leur opposa une religion naturelle - reconnaissance de l'existence de l'Être suprême et de l'immortalité - et un culte rationnel (institution des fêtes consacrées aux vertus civiques) dont le but était, selon lui, "de développer le civisme et la morale républicaine". Célébrée le 20 prairial an II (8 juin 1794), la fête de l'Être suprême, inaugurant le nouveau culte, avait été préparée par le peintre David* et fut présidée par Robespierre* lui-même, alors président de la Convention. Malgré l'impression profonde produite par cette fête, le culte de l'Être suprême fut loin de crées l'unité morale entre les révolutionnaires et devait même susciter, peu après son instauration, une crise politique au sein du gouvernement révolutionnaire.