DUHEM Pierre Joseph

 

Né à Lille le 8 juillet 1758, décédé à Mayence le 24 mars 1807. Fils d'un tisserand, il fut d'abord médecin, puis juge de paix à Lille, et élu à la Législative par le département du Nord. Il demanda l'exil des prêtres réfractaires et accusa Louis XVI de trahison, ce qui lui valut de subir une tentative d'assassinat de la part des chevaliers de Saint-Louis. Le 26 juillet 1792, il s'était écrié: "Le roi ou le peuple doit périr". Réélu à la Convention, il s'opposa violemment à l'ajournement du procès en ces termes: "Lorsque les tyrans égorgeaient les patriotes, il ,'ajournaient pas; lorsque les Autrichiens bombardaient Lille au nom du ci-devant roi, ils ne désemparaient pas". Il vota la mort de Louis XVI, sans appel au peuple, ni sursis. Membre du Comité de sûreté générale du 21 janvier au 16 juin 1793, il fut envoyé en mission aux armées du Nord et des Ardennes et se plaignit du mauvais esprit des officiers, de l'administration militaire "chaos d'horreurs et friponneries", dénonça les dilapidations commis par d'Espagnac, et fit arrêter le général Lavalette, ami de Robespierre, ce qui le rendit suspect aux Jacobins. Exclu du Club et accusé par Robespierre de protéger les conspirations et dilapidateurs de deniers publics, il contribua à la chute de l'Incorruptible au 9 thermidor. Il fut envoyé pour trois jours à la prison de l'Abbaye en janvier 1795, pour avoir dit que le royalisme triomphait. Le 12 germinal (1er avril 1795), Il fut parmi les premiers signataires de la demande d'appel nominal sur la proposition de déportation de Barère, Collot et Billaud, Décrété d'arrestation, il fut emprisonné à Ham, puis à Sedan, et libéré le 3 novembre 1795. Ayant regagné Paris, il fut nommé medecin en chef de l'armée du Nord, puis médecin à l'armée d'Italie par le Directoire. Le 22 juin 1800, il passa médecin à l'armée de l'Ouest, puis admis à la retraite, il fut nommé médecin de 1er classe à l'hôpital de Bordeaux. Envoyé en Espagne, sa condition de régicide fut mise au grand jour et il dut demander sa mutation. Il fut nommé alors médecin-chef de l'hôpital de Mayence et mourut dans l'exercice de ses fonctions.

© Les convotionels régicides