Charles-Eléonore Dufriche-Valazé

Né à Alençon le 23 janvier 1751.

D’abord lieutenant de grenadiers, il quitta l’armée lorsque les grades plus élevés furent interdits aux non nobles. Il s’occupa alors de lettres et de philosophie. Un de ses ouvrages par lequel il préconisait une morale de l’homme sans référence à la religion eu des difficultés avec la censure. A l’époque de la convocation des Etats Généraux il publia avec son frère une brochure sur un système possible de finance où il proposait un impôt unique sur le revenu réparti par les Assemblées provinciales entre tous les citoyens. Il fut l’un des rédacteurs du cahiers du Tiers de bailliage d’Alençon. Elu maire d’Essai, il deviendra en 1791 administrateur du district d’Alençon. Après la fuite du roi à Varennes, il sera à l’origine d’une pétition demandant la déchéance du monarque.

En septembre 1792 il sera élu député de l’Orne à la Convention le premier sur dix. Dés le début de la session il attaquera la Commune pour sa responsabilité dans les massacres de septembre et sera l’un des commissaires chargés de vérifier les comptes du Comité de surveillance. Le 6 novembre il déposera un rapport sur les crimes de Louis XVI. Pourtant lors du procès du Roi il votera pour l’appel au peuple, la mort avec sursis jusqu'à ce qu’une décision soit prise concernant les autres membres de la famille royale et pour le sursis. C’est chez lui que les chefs Girondins prirent l’habitude de se réunir ce qui lui valu d’être qualifié par Marat de chef de la faction des hommes d’état. Il se prononcera pour la mise en accusation de l’Ami du peuple.

C’est très logiquement qu’il fut décrété d’arrestation puis mis en accusation avec les Girondins. Condamné à mort avec ses collègues il se tuera d’un coup de poignard dans le cœur. Ordre sera donné de conduire son cadavre devant l’échafaud où le 10 brumaire de l’an II furent exécutés les Girondins.

 

Notice fournie par
J.M. Ruthon pour Notes et Archives 1789-1794.
A. Kuscinski : Dictionnaire des Conventionnels.
Dir. A. Soboul Dictionnaire historique de la Révolution française.
  (c) Philippe Royet 1996-2000.

 

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