DUCOS Roger Ainé Pierre

Homme politique français né à Dax (ou Montfort) (Landes) le 25 juillet 1747 décédé près d'Ulm Allemagne le 4 avril 1816. Député montagnard à la Convention, membre du Conseil des Anciens dont il fut exclu après le 30 prairial an VII (le 18 juin 1799), il soutint le coup d'Etat du 18 brumaire, fut nommé 3ème consul et remplacé peu après par Lebrun. Vice-président du Sénat et fait comte d'Empire, il vota pour la déchéance de Napoléon 1er en 1814. Il fut néanmoins pair pendant les Cent-Jours. Proscrit comme régicide lors de la Seconde Restauration, il mourut en exil.

 


Roger Ducos est un des rares Landais à être cité dans les dictionnaires nationaux grâce à ses fonctions de consul provisoire après le coup d'État du 18-Brumaire. Quelle fut la carrière de ce révolutionnaire qui, comme son collègue Sieyès, pourrait être appelé " la taupe de la Révolution ", survivant à de nombreux cataclysmes politiques ?

Fils de Philibert Ducos, notaire et conseiller au présidial de Dax, il fit des études de droit à Toulouse avant de devenir avocat à Dax où il participa à la rédaction des cahiers de doléances. Il fut successivement procureur de la commune de Dax, président du bureau de conciliation (juge de paix) en 1791 et président du tribunal criminel.

Député en septembre 1792 à la Convention, il vota la mort de Louis XVI, sans appel ni sursis, mais membre de la commission des secours publics, il se fit peu remarquer. Sa prudence et sa modération ne l'empêchèrent pas de devenir secrétaire de la Convention (23 novembre 1793) et président des jacobins (janvier 1794).

Il ne prit aucune part aux événements de Thermidor. Il se rendit dans le Nord pour distribuer des secours en octobre 1794 et en mars 1795. Député au conseil des Anciens le 16 octobre 1795, il demandait dès le 24 que les parents d'émigrés soient assimilés aux émigrés. Secrétaire de cette assemblée (21 décembre 1795), il en fut ensuite le président (23 septembre 1796), spécialement lors du coup d'État du 18-Fructidor. Lui-même fut " fructidorisé ", c'est-à-dire éliminé, avec 176 autres députés. Il regagna à Dax le tribunal criminel des Landes. Par deux fois, Ducos tentera de revenir à Paris mais par deux fois les élections seront annulées.

Ami personnel de Barras, il fut appelé le 18 juin 1799 aux fonctions de directeur à la place de Merlin de Thionville. En réalité, Barras comptait sur l'insignifiance de Ducos pour en faire sa créature mais le public d'alors compara le nouveau directeur à Cincinnatus et loua sa vertu et sa philanthropie.

Ducos s'attacha à son collègue Sieyès pour se maintenir au pouvoir. Complices tous deux du coup d'État du 18-Brumaire, ils furent récompensés par le titre de consul provisoire. Les trois consuls qui remplacèrent le Directoire étaient chargés avec deux commissions de rédiger une nouvelle constitution. En théorie, Bonaparte, Sieyès et Roger Ducos étaient égaux mais personne ne s'y trompait : Bonaparte était le maître.

La Constitution de l'an VIII une fois élaborée, les consuls provisoires furent vite remplacés par Cambacérès et Lebrun. Roger Ducos reçut en compensation le titre de sénateur (avec 25 000 F par an) et la sénatorerie d'Amboise ; il fut comblé de titres, de dotations et d'honneurs : vice-président du Sénat (13 décembre 1799), grand officier de la Légion d'honneur (14 juin 1804), comte d'Empire en mai 1808, Roger Ducos vota en 1814 la déchéance de celui auquel il devait tout. Maintenu dans ses fonctions et titres par la première Restauration, il accepta de faire partie de la Chambre des pairs sous les Cent jours (2 juin 1815).

Il fut ensuite condamné à l'exil comme régicide par l'ordonnance du 12 janvier 1816. Expulsé du grand duché de Bade et du royaume de Wurtemberg, il se rendait en Autriche avec sa femme lorsque sa voiture versa ; il voulut descendre et se fractura le crâne (mars 1816). De son remariage avec Marthe Tachoires, il laissa deux enfants : Rosalie et Jean-Jacques, Roger, comte Ducos (1784 - 1862). Son frère Nicolas (1756 - 1823) devint général ; son autre frère - Jean-François, Armand, conseiller de préfecture - est le père de Théodore Ducos (1801 - 1855), homme politique bordelais et ministre de la Marine.
Notice de Jean-Claude Drouin, extraite du dictionnaire biographique, Mémoire des Landes, 1991.
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