Gaspard-Séverin Duchastel


Né le 20 février 1766 à Cersay (Deux-Sèvres).

Riche propriétaire, il était le fils d’un écuyer, Président trésorier de France au bureau des finances de Poitiers. Après des études dans cette ville, il s’engagea en 1786 dans les gardes du Roi. Cependant, dès 1788, à la mort de son père, il démissionna et vint habiter à Rochefou pour s’occuper d’agriculture.

Le 15 novembre 1790, il est élu pour siéger au directoire du département des Deux-Sèvres. Les premiers troubles ayant éclaté dans le nord du département, annonçant ce qui l’année suivante sera le début des guerres de Vendée, il part en mission en août 1792, comme commissaire pour organiser la lutte contre les insurgés. Le 24 août, il sera à la tête des patriotes qui devant Bressuire, remporteront la victoire.

Le 3 septembre 1792, il est élu député des Deux-Sèvres à la Convention, le quatrième sur sept. Il semble que rapidement, au sein de l’assemblée, il suivra les Girondins. Dans les discussions préalables au procès du roi, il avait laissé entendre, qu’à son sens la Convention n’avait le droit que d’exiger l’abdication du monarque et son bannissement. Alors que l’appel nominal sur la peine à appliquer au roi est terminé, Duchastel gravement malade, se fait porter à la tribune pour prendre part au vote en se prononçant pour l’indulgence. Il est intéressant de raconter plus précisément cette histoire en citant Mortimer-Ternaux :

Le 13 avril 1793, il vota la mise en accusation de Marat. Par la suite, un décret du 29 mai le désigne aux fonctions de commissaire à l’armée du Nord. Mais attaqué par Collot d’Herbois qui l’accuse d’avoir voulu sauver le tyran, il répond : " Tel a été mon voeu, je refuse la mission ". Il ne fut pourtant pas proscrit comme les autres Girondins après le 2 juin 1793, mais malgré cela, il quittera Paris pour rejoindre les fugitifs à Caen. Il passera ensuite à Nantes puis à Quimper d’où il parviendra à atteindre Bordeaux. Son attitude lui vaudra de se faire décréter d’accusation dès le 15 juin, il lui sera reproché des intelligences avec les insurgés de la Vendée.

Dans ses Mémoires, Louvet le décrit comme un jeune insouciant pourtant très courageux :

Arrêté à Bordeaux, il sera conduit à Paris garrotté par ses gardiens qui craignaient qu’il ne s’évade. Incarcéré à la Conciergerie, le 3 octobre 1793, il fut avec les vingt autres chef Girondins traduit devant le Tribunal Révolutionnaire. Le principal reproche qui lui sera fait résultera de son vote au procès du roi. Herman, le président du tribunal lui demandera s’il était bien venu en bonnet de nuit voter contre la mort du monarque, il répondra courageusement : " Comme je n’ai à rougir d’aucune de mes actions, je déclare que c’est moi. "

Condamné à mort avec ses camarades, il sera guillotiné le 10 brumaire de l’an II (31 octobre 1793).

 

Notice fournie par
J.M. Ruthon pour Notes et Archives 1789-1794.
A. Kuscinski : Dictionnaire des Conventionnels.
Mortimer-Ternaux : Histoire de la Terreur.
E. Monnet : Archives politiques des Deux-Sèvres.
J. B. Louvet : Mémoires.
  (c) Philippe Royet 1996-2000.

 

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