L'Assemblée maintient l'esclavage des Noirs dans les colonies

Paris le 8 mars 1790

La principale revendication des colons blancs vient d'être satisfaite. Dans un premier temps, le décret adopté aujourd'hui par les députés a tout lieu, en effet, d'apaiser leurs craintes : ne leur accorde-t-il pas le droit de tenir des assemblées coloniales? En fait, ce vote capital leur apporte bien plus : il reconnait l'existence de l'esclavage dans les colonies. Et l'adoption sans débat de ce texte prouve bien que l'accord au sein de l'Assemblée est unanime sur cette question. Les Amis des Noirs, hier partisans de l'affranchissement des esclaves ont, au fil des mois, nuancé leurs positions. Par leur silence, ils semblent rallier le camp des colons blancs. En fait, ils réservent leurs cartouches pour défendre les droits civiques des Noirs libres et des mulâtres dont le décret ne dit mot. Les pétitions des villes maritimes en faveur du statu quo dans les iles d'Amérique les ont toutefois ébranlés. A ce jour, aucun d'entre eux n'est prêt à soutenir une politique qui nuirait au grand commerce des mers.