Suppression des voeux monastiques

Paris le 13 février

La séance a été mouvementée, mais le décret est passé. Les voeux monastiques sont interdits et les congrégations régulières supprimées. Leurs membres pourront donc les quitter librement, sur une simple déclaration aux autorités municipales : ils recevront alors une pension. Mais que deviendront ceux qui voudraient rester? Pour les religieux, la loi prévoit qu'ils seront regroupés dans quelques monastères. En revanche, les religieuses qui le souhaitent pourront demeurer dans leur couvent. Le clergé, hostile au projet, a fini par obtenir cette unique concession: il a su faire valoir que beaucoup d'établissements de religieuses n'étaient pas très riches et que leur vente ne rapporterait pas grand-chose à la nation. La mesure qui vise les ordres monastiques est en effet directement liée à la nationalisation des biens du clergé. Et les députés ont jugé d'un oeil très critique les ordres réguliers masculins; leur vie à la fois peu édifiante et inutile pour la société a fait d'eux une cible idéale.