Les marins de Toulon se mutinent

Toulon le 1er décembre 1789

Il a suffi de renvoyer deux maîtres d'équipage pour mettre le feu aux poudres. Le chef d'escadre d'Albert de Rioms et plusieurs de ses officiers ont été emprisonnés par les mutins de la flotte. Ici, comme dans d'autre ports, ouvriers des arsenaux, marchands ou petits bourgeois, chacun se rappelle le dédain et l'arrogance des officiers nobles. Et sur les vaisseaux, subalternes, petits gradés, "bleus" arrêtés au début de leur carrière par leur naissance et matelots soumis à trop dure discipline, tous ont salué l'avènement des temps nouveaux comme une revanche. Si la marine est restée longtemps en dehors des troubles qu'ont connus les garnisons, il n'y a plus à ce jour ni obéissance ni subordination. Après l'armée de terre, voici le "grand corps" en crise : les autorités, désarmées par la situation, se refusent à toute décision.