L'arrestation de Fabre d'Eglantine

Le scandale finacier de la Compagnie des Indes est devenu une affaire politique. Rien d'étonnant à cela : Il compromet des hommes en vue, soupçonnés d'avoir été corrompus, dont Fable d'Eglantine. On se souvient que c'est ce Sernier qui avait signé le faux décret ordonnant la liquidation de la Compagnie à son profit. Néanmoins, en novembre il avait déclaré tout ignorer des maneuvers des faussaires et avait protesté de son innocence. Mais Fable est un Dantoniste adversaire de la Terreur, un de ceux qui appuient la campagne indulgente menée par Desmoulins. Et le Comité de sûreté générale a vu dans cette affaire un bon moyen de l'éliminer de la scène politique. Il a donc demandé à Amar, chargé avec Fabre de l'instruction du dossier, de pousser plus loin ses investigations. Amar a fait lever les scellés qui avaient été mis sur les papiers de Delaunay, le rédacteur du décret falsifié. Et il y a effectivement trouvé le texte corrigé au crayon par Fabre, prouve qu'il avait bien signé ce faux en connaissance de cause. Ainsi confondu, Fabre a été arrêté cette nuit. Indirectement son ami Danton a voulu de défendre aujourd'hui devant la Convention. Mais Billaud-Varenne et Vadier ne lui en ont pas laissé le temps. Au moment où Danton se lavait, Billaud-Varenne lui a lancé : "Malheur à celui qui siège a côté de Fable d'Eglantine et qui est encore sa dupe!" Robespierre, quand à lui attend, impartial, condamnant la faction Dantoniste comme celle des Hébertistes.