Robespierre bascule dans le camp des partisans de la Terreur

Paris le 25 décembre 1793

Robespierre a pris clairement position. Dans son Rapport sur les principes du gouvernement révolutionnaire lu à la Convention, l'Incorruptible a condamné et s'est déclaré partisan de la politique de Terreur. Distinguant le gouvernement constitutionnel, fait pour la paix, du gouvernement révolutionnaire qui prévaut en temps de guerre, il a notamment déclaré : "Ceux qui nomment les lois révolutionnaires arbitraires ou tyranniques sont des sophistes et pervers". Pourquoi Robespierre a-t-il soudain changé? On le croyait rallié à la campagne indulgente menée par les Dantonistes contre la Terreur et les Hébertistes. Durant tout le mois de décembre, il n'avait en effet cessé d'attaquer les patriotes "exagérés". Le 12, il avait fait exclure Cloots du club des jacobins, lequel n'a pu protester ensuite de ses convictions humanistes qu'en publiant un Appel au genre humain. Le 14, il avait pris la défense de Desmoulins qui était attaqué pour ses pamphlets contre la Terreur, parus dans le Vieux Cordelier. Le 17 enfin, il avait appuyé Fable d'Eglantine quand celui-ci avait arrêter les Hébertistes Vincent et Ronsin. Mais le 21 au soir, Collot d'Herbois, rentré précipitamment de Lyon pour combattre l'offensive indulgente, l'a fait changer d'avis. Toutefois, si Robespierre s'est désolidarisé des partisans de la clémence, il n'a pas abandonné sa lutte contre les Hébertistes. Il va devoir se maintenir entre ces deux partis.