Lazare Hoche n'est plus

Wetzlar le 19 septembre 1797

La stupéfiante nouvelle s'est répandue dans toute l'armée: à quatre heures ce matin, au cours d'une ultime crise d'étouffement, Lazare Hoche a rendu son dernier soupir. Celui que ses homme avaient surnommé "l'Ange botté" et le "Bonaparte du Nord" est mort à vingt-neuf ans et trois mois. Sa carrière aura été toute dévouée au service de la République. Sergent dans la garde nationale lors de la prise de la Bastille, il est sur le front du Nord dès l'ouverture des hostilités avec l'Autriche: il se distingue alors à Thionville et à Namur. Nommé général un an plus tard, il prend la tête des armées réunies du Rhin et de la Moselle et libère l'Alsace en battant les Autrichiens à Woerth et à Landau. Enfin, dans l'Ouest, il acquit sa réputation de tolérance: il vint à bout de l'insurrection vendéenne en pratiquant le dialogue plus que la répression, C'est à la mémoire de ce chef prestigieux que, toutes les trente minutes, aujourd'hui et pendant plusieurs jours, tonnera le canon.