Les compagnons de Jéhu sèment la peur

Bouches-du-Rhône le 18 septembre 1797

La diligence a été dévalisée près de Cugnes. Les compagnons de Jéhu ont signé ce fortait. Sous ce nom se cache une bande de criminels qui, sous couvert de politique, terrorise la région depuis trois ans. Assassinats, tortures et attaques à main armée, rien ne rebute les Jéhu. A Beaudinard, conduits par la Calade, un ancien boulanger, ils ont assassiné Jullien, un républicain, ainsi que ses deux enfants: le curé Jauffret, l'un des bandits, a d'ailleurs gardé les oreilles de sa victime en souvenir. Donnant parfois dans l'humour macabre, la Calade a une autre fois dépouillé un berger pour ensuite se pavaner dans les rues de Gémenos vêtu des effets du malheureux. Craints et respectés, les Jéhu ne sont jamais dénoncés. A quoi cela servirait-il d'ailleurs, quand on sait que, parmi la police, ils disposent de complices qui les renseignent sur tous les mouvements de toupes et sur les tranports de fonds. Car c(est en attaquant les diligences qu'ils gagnent leur vie. Ces attaques sont si fréquentes que les voyageurs mettent toujours de côté une petite somme qu'ils s'empressent de remettre aux Jéhu quand ces derniers les interceptent. C'est ainsi que, en toute impunité et à visage découvert, ces individus ont mis la région d'Aubagne en coupe réglée.