Le Directoire impose des lois d'exception

Paris le 5 septembre 1797

Après le coup d'Etat, en voici à présent les conséquences. Le Directoire vient en effet d'entériner son coup de force en faisant voter par le Conseils une série de mesures exceptionnelles dont la légalité est fort discutable. Les rares députés assistant à cette séance n'étaient pas de taille à opposer la moindre résistance. En plus de l'arrestation de 65 journalistes et meneurs de droite et des Directeurs Carnot et Barthélémy, le gouvernement a fait décréter la proscription de 11 membres des Cinq-Cents et de 11 membres des Anciens. Tous doivent être déportés. Le deuxième volet de cette loi du 19 fructidor concerne les dernières élections au Corps législatif. Celles-ci ont été cassées dans 49 département qui avaient choisi en majorité des royalistes. En revanche, lorsque les élections étaient contestées mais favorables aux républicains, elles ont été systématiquement validées. Au total, les Conseils se voient ainsi amputés de 177 députés. Les élections des juges et des autorités départementales et municipales ont aussi été invalidées dans 53 départements. C'est de Directoire qui nommera les remplaçants de ces élus jusqu'en l'an VI. D'autre part, la loi du 3 brumaire an IV concernant les émigrés et les prêtres réfractaires a été rétablie. Il faut s'attendre à une véritable offensive "terroriste" en direction des catholiques et des émigrés rentrés en France. Toutes les lois que la droite avaient votées en faveur de l'Eglise ont été abrogées. En s'arrogeant des pouvoirs de police discrétionnaires, le Directoire vient en fait d'instaurer une sorte de dictature républicaine.