Fermeture des cercles constitutionnels

Paris le 25 juillet 1797

Les Conseils ont obtenu gain de cause. Les Anciens ont approuvé la loi votée il y a deux jours par le Conseil de Cinq-Cents, qui ordonne la suppression des sociétés populaires, c'est-à-dire de toute réunion particulière qui s'occupe de politique. Comme on pouvait s'y attendre, le Directoire n'a opposé aucune objection à cette mesure. C'est lui en effet qui avait encouragé la création de ces cercles constitutionnels, composés essentiellement de républicains. Il voulait ainsi contrebalancer les initatives royalistes et catholiques, mais aussi canaliser la renaissance d'une opposition néo-jacobine. De fait, ces sociétés rassemblaient des républicains modérés, certainement plus libéraux qu'extrémistes, ainsi que de nombreuses personnalités prestigieuses, comme Mme de Staël, Tallien, Sieyès ou Benjamin Constant. Il est possible que les triumvirs aient accepté leur interdiction parce qu'ils craignent d'être débordés sur leur gauche dans la lutte qu'il ont engagée avec la majorité de droite du Corps législatif. Mais peut-être s'agit-il aussi d'une tactique dans le dessein de rassurer les députés royalistes et de désamorcer le coup de force que ces derniers préparent contre le Directoire.