Les comploteurs royalistes sont trahis par un des leurs.

Paris le 1er mars 1797

Duverne de Presle s'est décidé à tout avouer. Il fait partie des conspirateurs impliqués dans le complot anglo-royaliste de l'Agence de Paris, dont le procès est en cours. Ce procès a donné lieu à de violentes discussions au Corps législatif. C'est en effet devant le conseil de guerre, et non devant les tribunaux ordinaires, que le Directoire a décidé de faire passer les accusés en jugement, et cela au mépris de la procédure judiciaire car les conspirateurs royalistes sont des civils. Duverne de Prele pense-t-il que son attitude lui vaudra une condamnation moins lourde ou a-t-il été pris de remords? Toujours est-il qu'il a révélé aujourd'hui aux juges tout ce qu'il savait sur les intrigues contre-révolutionnaires de l'abbé Brottier, chef de l'Agence de Paris. Il a dénoncé les activités de l'Institut philanthropique, véritable repaire de royalistes. En outre, il a founi des indications à la police pour que celle-ci puisse mettre la main sur les papiers du complot qui ne sont pas encore en sa possession. Il s'agit notamment de listes de conjurés qui devraient permettre de nouvelles arrestations. Le gouvernement n'a cependant pas l'intention de faire publiquement état de ces informations. Il ne veut pas que les accusés jugés en ce moment soient condamnés à mort, ni que les députés monarchiste soient compromis dans cette affaire. Il attend sans doute une occasion plus favorable pour se servir des révélations de Duverne de Pesle.