Le Directoire en guerre contre la religion

Paris le 3 février 1797

"La religion romaine sera toujours l'ennemie irréconciliable de la République" La lettre que le Directoire a adressée à Bonaparte témoigne d'une hostilité vicérale à l'égard de l'Eglise catholique et de son chef. Signée par trois des cinq Directeurs, ceux que l'on appel les "triumvirs", cette missive recommande avec insistance au chef de l'armée d'Italie " de détruire, s'il est possible, le centre d'unité de l'Eglise romaine" et " d'éteindre le flambeau du fanatisme". Reubell, Barras et surtout La Révellière-Lépeaux sont persuadés que les prêtres mettent en péril la République par leurs sermons et qu'il convient de réagir en frappant l'Eglise à la tête. Ce n'est d'ailleurs pas la premièr fois que le Directoire fixe Rome comme objectif à l'armée d'Italie. Déjà, après l'entrée des troupes françaises à Milan, il avait demandé à Bonaparte de détruire l'Etat pontifical pour faire "chanceler la tiare au prétendu chef de l'Eglise universelle", Mais le général avait refusé, et il n'est pas sûr qu'il soit aujourd'hui davantage disposé à obéir.