Le Réseau royaliste de l'abbé Brottier est démantelé

Paris le 30 janvier 1797

L'Agence de Paris, le cercle de conspirateurs dirigé par l'abbé Brottier, a vécu. La plupart de ses agents sont tombés ce soir dans le piège de la police. Après avoir en vain tenté de rallier Louis XVIII à l'idée d'une restauration monarchique constitutionnelle, ce centre royaliste financé par des fonds anglais avait décidé, pour renverser le Directoire, d'organiser une insurrection qu'il pensait mener à bien grâce à l'appui des forces de l'ordre. En effet, la garde du Directoire, dirigée par l'agent royaliste Ramel Nogaret, ainsi que la garnison de Paris, dont le 21° régiment était sous les ordres d'un autre agent royaliste, le colonel Malo, étaient impliquées dans ce complot. Or, ce sont justement Ramel et Malo qui ont fait échouer l'entreprise. Sachant que le prince de Carency, un personnage vénal, fils de duc de La Vauguyon, était allé avertir Barras du coup de force qui se préparait, ils se sont rendus chez Carnot pour se blanchir en dénonçant leurs comparses. Grâce à la complicité de Malo, Carnot a tendu un guet-apens aux comploteurs et à leur chef, l'abbé Brottier, qui ont été arrêtés. Les perquisitions menées à leurs domiciles ont permis de saisir des listes de sympathisants de la cause royaliste. Ces papier compromettrent en particulier le ministre de l'Interieur, Bénézech, et celui de la Police, Cochon. C'est sans doute pourquoi le gouvernement semble si peu pressé de juger les conspirateurs.