Guet-apens au camp de Grenelle

Paris le 10 septembre 1796

Le Directoire voit des Babouvistes partout. L'affaire du camp militaire de Grenelle, situé aux portes de la capitale, vient d'accréditer sa thèse selon laquelle la Répubique est menacée par des extrémistes. Cette "mutinerie" fort opportune lui permet de justifier la répression qu'il mène contre la gauche. La nuit dernière, quelques centaines de Jacobins se sont en effet rendus au camp de Grenelle pour appeler les soldats à m'insurrection. Ils sont parvenus à les entrainer. Ils sont parvenus à les entrainer derrière eux aux accents de la Marseillaise, en déployant un drapeau tricolore. La tentative a rapidement échoué face à la charge d'un régiment de dragons. Les manifestants se sont dispersés, laissant une vingtaine de morts sur le pavé. En réalité, cette affaire ressemble fort à une véritable provocation. Il parait que, depuis quinze jours, les Directeurs Carnot et Letourneur étaient informés de la préparation du complot. Ils s'étaient tus afin de pouvoir mater l'insurrection dans le sang et de faire un exemple. Ils avaient même chargé certains de leurs agents de veiller à ce que la mutinerie ait bien lieu. Le marquis de Foissac-Latour, chef du camp, avait été prévenu du déroulement de l'opération. Prenant prétexte de cette affaire. Le Directoire a engagé une série de pousuites contre les insugés, mais aussi contre leurs prétendus complices, arrêtés dans Paris ou aux alentours. Mais en kouant ainsi à l'exagérer le péril de gauche, il risque de renforcer l'opposition de droite à sa politique.