Le chef chouan Cadoudal accepte la paix

Morbihan le 19 juin 1796

Le général Quantin n'an croyait pas ses yeux. Chargé par Hoche du commandement des forces républiquaines dans le Morbihan. C'est lui qui a reçu la délégation de soumission de Georges Cadoudal. Dans ce texte, le chef royaliste et ses adjoints ne se sont pas contentés de jurer fidélité aux lois de la République. Craignant peut-être qu'on ne suspecte la sincérité de leur ralliement, ils l'ont assorti d'une véritable déclaration de haine à l'égard de leur ancienne cause: "Nous jurons que nous détestons la royauté et tous ses signes caractéristiques et nous promettons de ne jamais souffrir quiquonque oserait se présenter devant nous revêtu de ces marques infâmes de la tyrannie" Hoche saura faire la pert des choses: il connait trop la détermination de Cadoudal pour croire à un tel revirement de ses sentiments. Mais il a bien obtenu l'essentiel: celui qu'il considère à juste titre comme le plus redoutable des rebelles royalistes de l'Ouest a fait acte de soumission. Depuis qu'il avait mis fin aux derniers soubresauts de la Vendée avec la capture et l'exécution de Charette, Hoche avait fait porter tous ses efforts au nord de la Loire. Ebranlée par l'échec de l'expédition de Quiberon, la chouannerie y était cependant encore active dans plusieurs foyers. En Basse-Normandie, un ancien officier noble, Frotté, avait ainsi réussi à soulever quelques paysans; dans le Maine, C'etait le vicomte de Scépeaux, et entre Fougère et Vitré, Boisguy. Mais la chouannerie la plus puissante était celle qui sévissait dans le "royaume de Bignan", aux alentours de Josselin: c'est là que résidait Cadoudal. Sa capitulation marque donc l'achèvement de la pacification de l'Ouest, conduite avec fermeté et discernement par le général Hoche.