Exécution du dernier chef vendéen

Nantes le 29 mars

"Monsieur l'abbé, j'ai bravé cent fois la mort. J'y vais pour la dernière fois, sans la braver, sans la craindre" Charette a tenu parole : après avoir répondu de la sorte au prêtre qui avait cru devoir l'exhorter au courage au moment d'aller prendre place devant le peloton d'exécution, Il s'est avancé, la tête haute, vers l'emplacement désigné. Avant d'y arriver, il a encore une fois étonné la foule silencieuse qui s'était massée sur la place des Agriculteurs pour assister à l'exécution. S'arrêtant devant son cercueil, il l'a détaillé avec un sourire ironique avant de hocher la tête d'un air approbateur: oui, la caisse était bien à sa taille, Enfin, ayant obtenu de mourir debout, sans avoir les yeux bandés, il a lui-même donné l'ordre du tir. Les soldats chargés d'exécuter la sentence de la mort, prononcée le matin même par le tribunal avaient été choisis dans le bataillon de chasseurs qui avait réussi à le capturer le 23 mars dans le bois de la Chabotterie, au terme d'une longue traque menée par l'adjudant général Travot. Réputé "insaisissable" dans son pays du Marais, Charette n'était plus entouré que d'une poignée de fidèles, mais son prestige demeurait néanmoins immense: ne restait-il pas le dernier des chefs vendéen de 1793?

 

 

L'exécution de l'insaisissable Charette donne lieu à une démostration de force des troupes républicaines