Les royalistes capitulent à Quiberon

Quiberon le 21 Juillet 1794

Le piège de Quiberon s'est refermé sur les émigrés. Dans une indescriptible panique, seuls quelques royalistes, parmi lesquels le comte de Puisaye, ont réussi à regagner les vaisseaux britanniques de l'amiral Warren, La violence des flots ayant empêché les embarcations de Waren d'aborder, les émigrés se sont jetés à l'eau pour essayer de les rejoindre. Mais l'artillerie anglaise, qui voulait protéger l'embarquement des fuyards, atteignit aussi bien les royalistes que les Bleus. Epilogue tragique d'une affaire qui avait commencé le mois dernier. Le 16 juin, cinq régiments étaient partis de Southampton sous les ordres de Puisaye, secondé par Rotalier et d'Hervilly. Trois vaisseaux de ligne de 74 canons, deux frégates de 44, quatre bâtiments de 30 à 36, plusieurs chaloupes canonnières et 60 bâtiments de transport ont fait voile vers les côtes de France. L'expédition était d'impotence: 80 000 fusils, 80 canons, des munitions, de la poudre, des uniformes, des souliers pour 60 000 hommes, des biscuits, de la viande salée, du brandy et des réserves de faux assignats. La division était forte de 4 000 hommes, comprenant, avec les émigrés, 20848 prisonniers de guerre français qu'on avait enrégimentés en leur promettant la liberté. Le plan du chef de l'armée des émigrés était de prendre Vannes Rennes, de rallier les chouans et de se porter sur Paris. Après s'être assurée que la côte était dépourvue de toute garnison républicaine, la division a débarqué le 27 juin sur la plage de Carnac. Mais d'Hervilly, contrairement à l'avis de Puisaye, de Georges Cadoual et des Breton, s'est refusé à marcher plus avant, tendis que le général Lazare Hoche, chef des force républicaines, enlevait aux Chouan, qui venaient de les occuper, Auray, Meudon et Landévant. Le 28 juin, d'Hervilly décidait de marcher sur le fort de Penthièvre qui ferme la presqu'ile de Quiberon, et le 3 juillet, s'emparait de la garnison républicaine du commandant Delise. En s'isolant ainsi dans la presqu'île, d'Hervilly commit une erreur tactique. Trois semaines plus tard, un second corps d'émigrés arrivait d'Angleterre sous les ordres de Sombreuil et débarquait près de Port-Haliguen. Aussitôt, Hoche passa à l'attaque, occupa les positions de Sainte-Barbe, et s'y retrancha. Les assauts des royaliste et des chouans pour tenter de l'en déloger se soldèrent tous par un échec. Le 21 juillet, à minuit, par une mer déchaînée, trois colonnes républicaines progressèrent, à la faveur de la tempête, le long de la falaise pour prendre les chouans à revers et les refouler de positions en positions. Les royaliste voyaient désormais tous leurs espoirs ruinés. Le chef des émigrés, Sombreuil, tomba même aux mains de Hoche. Quant à l'Angleterre, elle n'avait que faiblement, et perfidement, secondé les émigrés: si le sang Anglais n'a pas été versé, certains n'hésitèrent pas à souligner à Londres que l'honneur britannique, lui avait "coulé à pic".