La Prusse signe la Paix

Bâle le 5 avril 1794

L'Autriche est isolée. Telle est la conséquence la plus manifeste du traité de "paix, amitié et bonne intelligence" signé ce jour entre la France et la Prusse. Et ce m^me si Berlin a refusé d'entrer dans une alliance offensive contre Vienne. La paix de Bâle stipule la fin immédiate des hostilités entre les deux parties: la france occupera les possessions prusiennes de la rive gauche du Rhin " jusqu'à la pacification générale" avec l'Empire germanique. D'autre part, elle "accueillera les bons offices" du roi de Prusse en faveur des princes et Etats de l'Empire germanique qui seraient désireux de négocier. Cette paix ne lèse d'ailleurs aucun des deux signataires. En sortant de la coalition, la Prusse laisse à l'Autriche tout le poids de la guerre sur le Rhin: ce qui ne peut que faire le jeu de Paris. La paix signée avec la France permet à la Prusse de reprendre toute liberté d'action sur la Vistule, car la Pologne, l'intéresse au premier chef, et elle n'entend pas que l'Autriche et la Russie se partagent une nouvelle fois ce territoire sans elle. La neutralité franco-prussienne laisse également peser sur Vienne le spectre d'une possible alliance entre Paris et Berlin. A Paris, on a de bonnes raisons de se réjouir de l'attitude de la Prusse: en effet, les hostilités cessent pour tous les pays occupés, y compris la Hollande. Par cet accord, le roi de Prusse, qui abandonne son beau-grère le stathouder de Hollande, affaiblit la coalition en la quittant. C'est là l'essentiel.