Les arsenaux sont menacés de paralysie

Paris le 24 novembre 1794

La tension monte dans les ateliers d'armement de la République. Les salaires sont trop bas, les conditions de travail trop pénibles, et trop d'"embusqués" y sont employés. Ces jeunes gens oisifs qui remplacent les ouvriers sans-culottes sont incompétents et antijacobins: ils se sont fait réquisitionner sur place pour échapper à l'armée? Révolté par tant d'injustices, l'atelier Marat a adressé une pétition à l'assemblée pour exiger que la loi sur la conscription soit respectée et que les salaires soient augmentés. Après de houleux débats, le Comité de salut public a fait prévaloir son point de vue. Les arsenaux seront concédés à des entrepreneurs privés ayant la  totale liberté de l'embauche. De son côté, l'Etat garantira aux ouvriers, même jeunes, l'exemption du service armé. Mais, auparavant, tous les employés des ateliers publics seront licenciés sous six semaines afin de laisser aux repreneurs le choix de leur main-d'oeuvre.