L'Etat ne paiera plus les prêtres

Paris le 18 septembre 1794

"La Répubique ne paie plus les frais ni les salaires d'aucun culte." Le décret proposé par Cambon à été aussitôt adopté par l'Assemblée nationale. Celui-ci l'a d'ailleurs présenté au nom du Comité des finances: en supprimant le budget des cultes, on permettait à l'Etat de faire d'importantes économies. En effet, même lors de la déchristianisation de l'an II, le traitement des prêtres constitutionnels n'avait pas été remis en cause. Si le versement était parfois problèmatique, le principe n'en avait pas été contésté. En fait, le décret qui vient d'être voté manque, sans dire, la fin de la Constitution civile du clergé. Pour Cambon, qui avait déjà proposé mais en vain, une telle mesure l'année dernière. l'Etat doit être indépendante de toute religion, quelle qu'elle soit. "Si l'Etat proclame un principe religieux quelconque, il aura aussitôt un clergé à payer. Les ministres du culte de l'Etre suprême ne demandent-ils pas déjà un salaire?" Cette séparation de l'Eglise et de l'Etat suscite en tout cas bien des interrogations: faut-il comprendre que, désormais, les fidèles sont libres de rémunérer les pasteurs de leur choix.