Les Vainqueurs de Thermidor se partagent le pouvoir dans les Comités

Paris 31 juillet 1794

La Convention a repris la Révolution en main. Elle n'avait jamais accepté que de mauvaise grâce le gouvernement révolutionnaire qui lui avait été imposé par la pression conjuguée de la rue, de la Guerre et d'une minorité politique. Au lendemain de la chute de Robespierre, elle aurait voulu réduire le pouvoir du Comité de salut public, mais Barère s'y était opposé. Partisan de la continuité du pouvoir, n'avait-il pas déclaré au soir du 28 juillet que les événements de la veille n'étaient qu'une "commotion partielle" qui laissait "le gouvernement dans son intégrité?" Il avait alors fait valoir que les Comités étaient indispensables à la conduite de la nation tant que la Constitution de 1793 ne pouvait être appliquée. Le 29 juillet, il avait simplement proposé que trois nouveaux membres soient nommés aux postes laissés vacants par les "conspirateurs" Robespierre, Saint-Just et Couthon, Or, si Tallien, Thuriot et Legendre étaient d'accord pour conserver les Comités, il voulaient cependant en changer le fonctionnement en imposant un renouvellement par quart, chaque mois, des membres du Comité de salut public, les sortants étant inéligibles avant le renouvellement suivant. Mais une telle disposition aurait pu nuire à la stabilité gouvernementale. Finalement, les Conventionnels ont désigné six d'entre eux pour remplacer, outre les "triumvirs", Prieur de la Marne et JeanBon Saint-André, envoyés en mission, ainsi que Hérault de Séchelles, exécuté avec Danton. Il s'agit de Tallien, farouche partisan de la Terreur, des modérés Laloy et Treilhard, et du candidat de Barère, Eschasseriaux. Le Comité de sûreté général a également été boulverseé. Trois Tobespierristes, don't David, en ont été exclus, tandis que quatre nouveaux membres étaient élus, parmi lesquels les Dantonistes Merlin de Thionville et Legendre. C'est là une revanche maintenant les meneurs de Thermidor, Barère, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne.