Mort de Jean Cotterau, dit Jean Chouan

Mayenne 28 juillet 1794

Avec Jean Cottereau, les chouans ont perdu plus qu'un chef: c'est de lui qu'ils tenaient leur nom, son cri de ralliement étant celui du chat-huant. S'étant mis à la tête d'une bande de paysans qui multipliait les coups de main et les embuscades contre les forces révolutionnaires, Jean Chouan avait mis à profit son expérience de contrebandier. Avant la Révolution, il vivait en effet du trafic du sel, et ses démêlés avec les gabelous lui avaient même valu une condamnation à mort. Il n'avait été sauvé que par une grâce royale, que sa mère avait réussi à obtenir de Louis XVI. Il était d'autant plus farouchement opposé à la Révolution que celle-ci, en supprimant la gabelle, l'avait privé des ressources que lui fournissait la contrebande. Surpris par des soldats bleus à la métairie de la Babinière, non loin de son village de Saint-Ouen-des-Toits, il a été mortellement blessé alors qu'il protégeait la fuite de sa troupe.