Pour Saint-Just, la Révolution ne doit pas s'arrêter en chemin

Paris le 26 février 1794

Quand on fait une révolution, il faut la mener jusqu'au bout. tel est, en tout cas l'avis de Saint-Just qui vient de déclarer à la Convention: "Ce qui constitue une république, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé" Il estime que certains révolutionnaires, en mettant "un luxe métaphysique dans l'étalage de leurs principes", ménagent trop les ennemis des patriotes. Ces révolutionnaires-là, ce sont Danton et ses amis, appelés les citras parce que, contrairement aux ultras, ils sont partisans de la clémence. L'orateur a ensuite invoqué "la force des choses", c'est-à-dire la logique de la défense républicaine, pour justifier la Terreur et surtout le décret qu'il a fait voter. Celui-ci stipule que les biens de tous les suspects arrêtés doivent être confisqués, ce qui tend à exproprier les riches au profit des pauvres. En esquissant cette politique sociale, les Robespierristes veulent désamorcer la pression populaire don't se servent le ultras, notamment les Cordeliers, qui reprochent au Comité de salut public d'être un "endormeur" du peuple. Ainsi, le décret de Saint-Just vise autant les Hébertistes que les Dantonistes.