Marceau et Kléber écrasent les Vendéens au Mans

Le Mans le 12 décembre 1793

"Ah! je voudrais être mort!" L'accablement qui s'est emparé des Vendéens se résume dans cette réponse de La Rochejaquelein à la veuve de Lescur, qui s'étonnait de le retrouver en vie après la bataille. En effet, la défaite du Mans a mis un terme au long périple de l'armée catholique et royale au nord de la Loire. Depuis leur victoire de Dol, les Blancs ont fait le chemin inverse à celui qui les avait conduits sur les côtes de la Manche. Leur seul objectif était désormais de repasser la Loire, mais leur échec devant Angers les a contraints harcelés par leurs poursuivants républicains. Et c'est une troupe encore nombreuse, hagarde et affamée, qui s'était emparée du Mans le 10 décembre, pour y trouver des vivres et du repos. Mais, après deux jours à peine de répit, les Bleus étaient déjà là. Les Blancs ont réussi à repousser l'avant-garde commandée par Westermann, mais ils ont succombé lorsque sont arrivés Marceau puis Kléber. Dans les ruelles étroites de la vielle ville, encombrées de femmes, d'enfants et de blessés, le carnage a été terrible. Vingt ou trente mille Vendéens ont cependant réussi à s'enfuir par la route de Laval. Ils ne forment plus toutefois qu'une cohorte en pleine débandade que les populations des environs, par peur ou par haine du royalisme, aident à traquer.