Le chef vendéen Lescure succombe à ses blessures

Mayenne le 4 novembre 1793

La voiture qui transporte le mourant s'est à peine arrêtée un instant à la Pellerine : rien ne doit retarder la longue cohorte vendéenne qui chemine d'Ernée à Fougère. Chevauchant à quelques mètres en arrière Mme de Lescure entend des sanglots, veut s'approcher et voit descendre le chirurgien. Elle sait alors que tout est perdu et, déjà, monte sur le marchepied. Mais on l'en dissuade: l'état de son mari, lui dit-on, ne s'est pas aggravé. Il faut poursuivre la route car les Bleus tout proches seront sans pitié pour ceux qui tomberont entre leurs mains. Ce n'est qu'au soir, à l'étape de Fougères, qu'on lui dira la vérité. Pour l'armée catholique, la mort de Lescure est une lourde perte. C'était sans doute le plus clairvoyant des chefs vendéens, et sa disparition risque d'accroîte intrigues et dissensions. Son cousin le généralissime Henri de la Rochejaquelein, est sur le terrain, un remarquable meneur d'hommes. Mais, trop jeune sans doute, il ne parvient pas à imposer une stratégie d'ensemble à son état-major.